Au commencement il y a les réseaux sociaux (dont j’ai décidé aujourd’hui que je devais leur consacrer moins de temps et desquels je me retrouve à faire la promotion), un appel à des services de presse pour des chroniqueurs aimant la SF, ça tombe bien.
L’offre est attrayante, j’y réponds et reçois mes livres très rapidement. Librairie Scylla est une maison d’édition digne de confiance et particulièrement réactive, me dis-je donc, les gratifiant d’un unboxing dont je ne suis pourtant pas un grand amateur, mais voilà, je déborde de reconnaissance.
Il ne me reste plus qu’à choisir un livre parmi les quatre du lot qui vient de m’arriver. J’opte pour Point du jour de Léo Henry et Stéphane Perger.

Le résumé
C’est un petit bouquin abondamment illustré par Stéphane Perger, dont l’action prend place dans un univers co-créé avec lui. Il contient cinq nouvelles dont deux inédites, quatre short-short jadis diffusées en nouvelle par email, et une novella épique de 111 111 signes jamais lue de ce côté-ci du rêve.
Ce que j’en dis…
Le résumé est troublant, on se dit qu’on n’est pas beaucoup plus avancé avec ça. Et c’est vrai. Essayons donc de disperser un peu la brume environnante et de donner une idée plus explicite de ce qu’est Point du jour.
Je qualifierais ce bouquin de recueil de textes cyberpunk. Point du Jour est un univers postapocalyptique ou bien il pourrait l’être, et chacun des textes nous aide à comprendre ce qu’est cet univers et ce qui s’y passe. Le noyau central est La Ballade de Gin et Bobi, une novella écrite sous la contrainte des 111 111 signes et sans doute la partie la plus éclairante, bien que souvent fort sombre, du livre. Ishmaël y raconte aux cétacés l’épopée violente et parfois souterraine de Bobi, gynoïde splendide, Gin la lombric et Max son enfant. Les autres textes, précédents ou suivants, sont en rapport avec cette œuvre centrale.
Le livre est beau, la couverture à rabats est solide (ô combien j’aime les couvertures à rabats) et ses dimensions sont celles de mes mains (un peu plus petit en vérité mais j’ai de grandes mains). Sa préhension est donc à la fois originale et optimale. On parle rarement de la préhension des livres, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. D’autant que Point du jour est un livre qui prend plaisir à s’installer entre des mains accueillantes.
Le plus marquant dans ce bouquin c’est le style particulier de Léo Henry. La littérature, selon les auteurs impliqués, donne lieu à des médias ou à des œuvres d’art. Bien souvent, les écrits s’apparentent à des médias : ils veulent transmettre une histoire, une information, une connaissance. Léo Henry transmet surtout une ambiance, des sentiments, une musique. En cela, Point du jour tient davantage de l’œuvre d’art que du récit médiatique. À quoi il convient de ne pas omettre de mentionner les dessins de Stéphane Perger qui sont, mieux que des illustrations, des parts de l’histoire dessinées. Autant dire que le récit serait incomplet sans les dessins.
J’ai trouvé dans ce recueil des souvenirs de sensations nouvelles qui naissaient à la lecture des fanzines de ma jeunesse, une voix éditoriale proche de celle de La Volte. Ce ne fut donc pas une surprise lorsque je constatai en fin d’ouvrage que certaines nouvelles de Point du Jour avaient d’abord été publiées chez La Volte ou dans des revues spécialisées.
La Librairie Scylla que je découvre à travers la lecture de ce premier livre me semble donc une maison d’édition audacieuse, pleine de l’esprit des pionniers de la Science-Fiction, un esprit indispensable à l’heure où s’éteignent Les moutons électriques…
Cyberpunk’s not dead !
Point du jour, de Léo Henry et Stéphane Perger est édité par la Librairie Scylla.
Le livre broché de 192 pages est vendu 10€.
Paru le 30 juin 2017.

[…] Point du jour, je continue de découvrir les éditions Scylla, une petite maison spécialisée en SF, Fantasy et […]
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