La dernière newsletter pro des éditions Aux Forges de Vulcain met en lumière Jean-Luc A. d’Asciano et lorsque je l’ai lue, j’ai réalisé qu’un de ses ouvrages figurait encore dans ma PAL. Honteux et confus comme savent l’être les corbeaux dans les fables de La Fontaine, je m’en saisis et le lus.

Le résumé
Dans le cimetière du Père-Lachaise, au petit matin, trois meurtres. Non : Deux. Car une des victimes se relève, prend son chat sous le bras et s’enfuit. Quant il apprend ces meurtres dans le journal, Nathanaël Tamanoir, un privé anarchiste et volontiers querelleur, se dit qu’il faut qu’il fouine. Il va fouiner, mais à sa manière, en créant le maximum de chaos possible.
Ce que j’en dis…
À la lecture du résumé je me dis qu’il fallait que je sois gravement surbooké pour avoir laissé ce bouquin dans ma PAL si longtemps. Je l’étais effectivement – je le suis toujours.
Les premières pages sont assez folles et lors de la présentation au lecteur de Nathanaël Tamanoir, on a l’impression de lire un épisode de la fameuse série Le Poulpe. On réalisera en lisant les remerciements en fin d’ouvrage que Jean-Luc A. d’Asciano s’était effectivement appliqué à respecter le cahier des charges des ouvrages de la série. Bien qu’en ce qui concerne Tamanoir, il manque le titre calembouresque, mais certes, ce n’est pas à proprement parler un Poulpe…
Ceux qui apprécient cette série se régaleront certainement de Tamanoir, les lecteurs qui ne la connaissent pas n’y verront que du feu.
Le livre commence donc comme un polar traditionnel pour peu que cela signifie quelque chose de précis, mais ce qui fait la particularité de ce roman c’est qu’il vient à verser en sa dernière partie dans une dimension plus fantastique, aux accents lovecraftiens, très inattendue, à la fois surprenante et fort appréciable pour les amateurs du genre – dont je suis.
Ce duo improbable unissant un détective privé anarchiste et un clochard indestructible se trouve amené à faire face à des situations aussi glauques qu’absurdes dans lesquelles Tamanoir se trouve par ailleurs dans des états délirants dus aux substances psychotropes dont son acolyte le nourrit avec ferveur.
Entre Jean-Pierre Darroussin et Cthulhu il y avait de la place pour un autre sombre héros : Tamanoir.
L’auteur

Jean-Luc André d’Asciano est né en 1968 à Lyon et a grandi à Nantes avant de faire la fête à Paris. Après un doctorat de littérature et psychanalyse, il a publié divers articles sur le roman noir, l’architecture, les arts contemporains et la cuisine. Il a tout abandonné pour se consacrer à l’élevage des chats et des livres, avec des tentatives plus ou moins réussies de croiser les deux. Il a publié aux forges de Vulcain Souviens-toi des Monstres et Tamanoir. Il vit dorénavant en Suisse, et regarde la face nord de l’Eiger en buvant du café.
Tamanoir, de Jean-Luc A. d’Asciano est publié par les éditions Aux Forges de Vulcain.
Le livre broché de 208 pages est vendu 18€.
Paru le 13 mars 2020.
