Dissolution, de Clovis Villette

Voilà un moment que je n’avais pas été sollicité via la plateforme SimPlement pour donner un avis de lecture sur un roman auto-édité. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté de lire Dissolution de Clovis Villette dont le parcours (Sciences Po et une fonction d’attaché parlementaire à l’Assemblée nationale) laissait supposer une bonne maitrise du sujet.

Le résumé

Entre tensions sociales et catastrophes naturelles, la France devient chaque jour plus instable à l’aube des élections présidentielles.

Deux amis d’enfance sortent de Sciences Po : lui rêve de rejoindre l’Assemblée nationale, elle de s’engager pour l’écologie. La campagne fait rage. Ils découvrent la noirceur derrière les beaux discours. La démocratie vacille.

Dans un monde en perte de sens, entre convictions politiques et passion amoureuse, entre bataille parlementaire et combat de rue, ce roman interroge sur les limites du militantisme, la place de la culture et l’avenir de l’humanité.

Ce que j’en dis…

Le résumé est prometteur. Dans l’autoédition, le pitch est presque le seul argument de vente, il se doit donc d’être accrocheur. Malheureusement pour Clovis Villette, la lecture de Dissolution enchainait celle de Nos chers Alliés, un autre roman politique mais d’une autre mouture.

Pas facile de passer derrière Gilbert Gallerne donc. Même s’il ne m’est jamais venu à l’idée de comparer les deux auteurs, ce hasard dans mon agenda de lecteur n’a pas été en faveur de Clovis. J’ai mis un peu de temps à me laisser convaincre par Dissolution dont le style m’a semblé manquer de maturité. Mais je m’y suis fait et la fin m’a plu davantage que le commencement.

Effectivement, le passé politique de l’auteur lui permet d’aborder un univers particulier dont il jouit d’une certaine connaissance mais le travail d’écrivain est un autre exercice qu’il débute seulement et cela se sent dans la façon dont le sujet est traité.

Toutefois, j’ai bien apprécié la double intrigue relevant de la passion amoureuse entre deux amis par ailleurs éloignés sur le plan des convictions politiques. Cela m’a fait penser à La petite fasciste, de Jérôme Leroy, là encore, évidemment, pas question de les comparer, mais l’évocation de l’un n’est pas en faveur de l’autre.

Au delà de la forme, en ce qui concerne le fond, j’ai été intrigué par la vision de l’auteur des dérives du militantisme dont parle le résumé. Je ne parviens pas à saisir s’il s’agit d’une forme d’humour au second degré – que j’apprécie généralement beaucoup – ou d’une tentative de dédiabolisation – procédé dont je suis moins admiratif. Dans Dissolution, le danger vient des partisans écologistes dont les idées dangereuses et les dirigeants manipulateurs amènent la naïve Ambre à sombrer dans l’écoterrorisme tandis que son ami François [sic] est un gentil centriste modéré identitaire qui redoute le grand remplacement, la voix d’une nature raisonnable.

Pas totalement convaincu par ce roman donc, je dois toutefois reconnaître à Clovis Villette une orthographe inattaquable (sauf scouter qu’on écrit en réalité scooter, même si ça ne sonne pas très français, désolé, les académiciens ne sont pas tous rétrogrades) et un certain courage littéraire. Oser écrire un thriller politique engagé dans ce sens en autoédition est effectivement un véritable défi à la bien-pensance dont il m’arrive peut-être malgré moi d’être parfois un naïf représentant.

Dissolution, de Clovis Villette est autoédité et disponible sur Amazon.
Le livre broché de 327 pages est vendu 17€.
Paru le 10 juillet 2025.

Laisser un commentaire