Christophe Neyrinck revient à la charge avec un deuxième roman aux éditions Vendeurs de Mots et une irrésistible couverture qui n’est pas sans rappeler 37.2 le matin de Philippe Djian avec un titre simple et élégant : Le Bungalow.

Le résumé
Peut-on être hypocondriaque et ostéopathe à la fois ?
Est-il raisonnable d’offrir un bungalow à une jeune femme qui souffre déjà d’un lumbago ?
FIV et ICSI sont-ils les acronymes de nouveaux partis politiques ?
Qui s’est déjà badigeonné le corps avec de la crème des ours ?
Autant de questions auxquelles Paul Hilton, trente-cinq ans – l’âge de tous les possibles selon une étude presque scientifique, pourrait répondre s’il n’était pas tant préoccupé par :
- L’indigence de ses spermatozoïdes.
- Les sentiments de plus en plus mitigés d’Alice à son égard.
- Le fait que le point n°2 pourrait directement découler du point n°1.
Entre éclats de rire et émotion, Christophe Neyrinck nous livre un second roman irrésistible, tendre et précieux.
Ce que j’en dis…
Le résumé parle d’un second roman, je préfère espérer qu’il s’agisse du deuxième car je souhaite vraiment à l’auteur de poursuivre sur cette lancée.
Son premier roman, Beckenbauer (Vendeurs de Mots, 2024) racontait la maladie d’Alzheimer qui frappait sa maman avec à la fois beaucoup d’humour et de lucidité. Dans Le Bungalow, Christophe Neyrinck traite d’un autre sujet tout aussi douloureux et potentiellement universel : la difficulté à procréer, la stérilité d’un couple autrement dit.
Avec le style qui lui est propre, l’auteur parvient à faire sourire le lecteur tout en lui touchant le cœur au point de l’émouvoir tant il parvient à mêler gracieusement humour et sincérité.
Des chapitres courts qui racontent autant de tranches de vie qui se succèdent dans un parcours où les deux protagonistes, Paul et Alice, se rencontrent, se rapprochent, s’éloignent et se rapprochent encore, non pas seulement au gré de leurs sentiments, mais en fonction de la façon dont chacun réagit à l’adversité avec les armes et les moyens qui lui sont propres.
Le Bungalow illustre un principe indispensable pour qui veut connaître une vie de couple heureuse : ne pas s’attaquer l’un à l’autre en cas de problème mais s’attaquer au problème ensemble. Cela se résume en peu de mots mais il faut parfois une vie entière pour le comprendre. Parfois même cela ne suffit pas. Ce roman est donc un beau raccourci dont on peut tirer leçon en même temps qu’un hommage à la difficulté de devenir père quand d’autres ouvrages, plus nombreux à attaquer le problème sous cet angle, traitent de la difficulté à devenir mère.
Je me suis immensément réjoui particulièrement à la page 117, lorsqu’Alice raconte comment un bungalow l’amène directement à penser au film de Jean-Jacques Beineix avec Béatrice Dalle et Jean-Hugues Anglade dans les rôles principaux : 37.2 le matin (1986). Je ne suis donc pas le seul ! C’est aussi sans doute ce que se diront de nombreux lecteurs en lisant ce livre, admirateurs d’un certain cinéma ou pauvres en spermatozoïdes, on n’est pas seul et ça fait du bien.
L’auteur

Christophe Neyrinck est né et a grandi à Boulogne-sur-mer, dans le Pas-de-Calais. Il enseigne et vit aujourd’hui à Nice.
En bref
Le Bungalow, de Christophe Neyrinck et publié par les Éditions Vendeurs de Mots.
Le livre broché de 230 pages est vendu 17€.
Il est paru le 29 octobre 2025.
