Amateur de trilogies en tous genres, je me suis réjouis de recevoir le second tome d’Abysses parallèles, de l’auto édité Serge Robert qui va me permettre de continuer de suivre les aventures de Didier d’Orville.

Le résumé
Didier d’Orville et ses compagnons n’auront goûté à la liberté que le temps d’une caresse d’air marin. Capturé, Didier est conduit au cœur d’un sanctuaire souterrain, vestige de la civilisation disparue de Mu. Entre passages étroits, ruines monumentales et temples engloutis se déploie un univers aux allures de dystopie, qui se fait plus oppressant à chaque pas. Plongé dans une succession de mondes secrets, Didier devra affronter ses geôliers, mais aussi remettre en cause ses propres certitudes.
Ce que j’en dis…
Mu fait suite à Utopia, le premier volet d’Abysses parallèles.
Suite à la lecture du premier tome je déplorai le manque de tension narrative, supposant que les aventures de Didier d’Orville se déclineraient sous la forme d’une trilogie et que cette tension augmenterait au fil des deux autres opus. J’avais à moitié raison : certes, Abysses parallèles sera une trilogie. En revanche il faudra probablement attendre le troisième volet pour gagner en intensité.
La quatrième de couverture avertit le lecteur : « Abysses parallèles est une fresque en plusieurs épisodes. Pour profiter pleinement de l’intrigue, il est recommandé de commencer par le tome 1. »
L’avertissement est judicieux. Mais le procédé me semble vacillant. Le premier tome ne se suffisait pas à lui-même puisque on attendait de la suite une meilleure vue d’ensemble de l’intrigue. Non seulement ce deuxième tome n’éclaire pas davantage le lecteur mais en plus Serge Robert ne prend pas la peine de resituer l’action dans le premier chapitre et il n’y a pas davantage de prologue. Le lecteur se retrouve donc dans la suite logique du premier volet, (ce qui n’est déjà pas si mal) mais bien qu’ayant lu le premier tome comme il était recommandé, comme j’ai lu aussi une soixantaine d’autres bouquins entretemps, j’aurais bien apprécié qu’on me résume le propos.
Pas se scènes de plongée ici puisque les trois quarts du livre se passent sous terre. Mais justement, je n’ai malheureusement pas bien compris ce qu’il se passait. Didier d’Orville tente de s’enfuir mais il échoue, il se retrouve en captivité dans des conditions étrangement sectaires. Vers la fin du livre ça devient intéressant : en surface on commence à s’inquiéter de son absence, et enfin, je retrouve des repères en rapport avec Utopia. Mais ça vient tard…
Au bout du compte il faudra quand même attendre le troisième tome pour y voir plus clair (et y comprendre enfin quelque chose).
Mon but n’est pas de critiquer gratuitement mais de donner mon ressenti. Mais je vais aller un peu plus loin dans mon analyse et aborder un écueil de l’autoédition.
Les avis de lecture de l’édition traditionnelle se trouvent partout : dans la presse spécialisée ou dans les pages culturelles de la presse généraliste, en radio, tv et sur des sites internet. Parmi ces chroniqueurs il y a des critiques professionnels et des journalistes.
Pour ce qui est de l’autoédition en revanche c’est beaucoup plus compliqué : de simples blogueurs ou des contributeurs sur Babelio (qui d’ailleurs sont souvent les mêmes), à l’instar de votre humble serviteur, se chargent de donner de la visibilité alors qu’eux-mêmes n’en ont souvent pas beaucoup.
Ce procédé est une sorte de jeu gagnant-gagnant dans lequel le manque de visibilité de l’un profite à l’autre. Le blogueur reçoit des services de presse gratuitement, l’auteur est mis en avant sur les réseaux et tout le monde est content. Mais ce système est responsable d’avis biaisés parce que les chroniqueurs, en plus d’avoir souvent peu d’expérience, ont peur de décevoir les auteurs et se font prescripteurs systématiques de tout ce qu’ils lisent et donnent automatiquement de très bonnes notes aux bouquins. À titre d’exemple, Utopia a une note de 4.24 sur Babelio et Mu 4.44. Ce sont des notes excellentes et je ne prétend pas qu’elles ne sont pas méritées.
Mais le niveau est parallèle lui aussi. Tout ça pour dire que je suis ravi que l’autoédition existe et d’ailleurs je m’y consacre régulièrement mais il faut reconnaître que c’est un monde à part en littérature et qu’il ne connait évidemment pas le même niveau d’exigence que le monde de l’édition traditionnelle, cette affirmation n’en déplaise à certains.
Bref, pour en revenir à Mu, je lirais volontiers le troisième tome annoncé pour 2026 afin de comprendre enfin où l’auteur a voulu m’emmener à condition que Serge Robert, qui a réellement ma sympathie par ailleurs, me pardonne cette chronique trop longue et trop franche.
En bref
Abysses parallèles Tome 2 – Mu de Serge Robert est disponible sur Amazon.
Le livre broché de 22 pages est vendu 17,94€.
Paru le 14 novembre 2025.
