Comment faire de ce qui aurait pu constituer un simple recueil de nouvelles un livre concept relatif aux origines lointaines de l’humanité ?
C’est l’exercice auquel s’est livré Nicolas Jolie aidé de son équipe de chercheurs mythoscientifiques et autres histoiriens dans le but avoué de produire ce livre très original : Les Enfants de Koro.

Le résumé
Bien qu’ils aient développé les technologies nécessaires pour coloniser tout le secteur supragalactique du Rameau de Po, ceux qui se revendiquaient de l’engeance de la Terre-Mère Koro – les Korogaï – n’en conservaient pas moins un mode de vie tribal, opérant de nombreux rituels pour honorer leurs divinités et tâcher d’entrer en contact avec elles afin de connaître leur volonté.
Nicolas Jolie et son équipe de recherche mythoscientifique se consacrent à l’étude de la civilisation de nos ancêtres et à la restitution littéraire de fragment mémoriels issus de ce lointain passé. Ce recueil contient huit nouvelles offrant des regards variés sur les aventures qu’ont pu vivre les enfants de Koro au cours de leur Histoire. On découvrira, au gré de ces épisodes : une performance artistique exceptionnelle; l’ambitieuse traversée d’un désert planétaire; une grande détresse face à la menace d’une terrible famine; une chasse au démon épique; la restitution d’un mythe cocasse à des esprits innocents; les déboires d’un guerrier rendu paraplégique; un rite de passage qui tourne mal; et enfin les péripéties lubriques d’un héros que le sort accable.
Ce que j’en dis…
Lorsque Nicolas Jolie m’a contacté via la plateforme SimPlement, après avoir lu le résumé de son livre, je lui ai tout de suite posé mes conditions : si je lis le bouquin et que je lui consacre une chronique, elle sera honnête. S’il me déplait, je n’édulcorerai pas mon propos.
Les conditions ont été volontiers acceptées, le livre envoyé, et en attendant, Nicolas Jolie m’a dirigé vers le site korogaï.com sur lequel je me suis rendu et qui a achevé de me convaincre de la volonté de l’auteur de donner corps à un véritable univers plutôt qu’à un simple récit.
Les enfants de Koro est donc en quelque sorte un recueil de nouvelles de littérature de l’imaginaire dont le catalogue est énoncé dans le résumé. La plume de l’auteur est parfaitement maitrisée, d’une grande maturité littéraire. Il semble qu’il se soit librement inspiré de récits mythologiques ou bibliques connus mais sans jamais faire quoi que ce soit qui ressemblerait à une pâle copie d’une œuvre déjà existante, aussi lointaine soit-elle.
Le concept est le suivant : à travers la transcription de traces archéospirituelles, le but est de restituer les aventures des korogaï ayant eut des contacts avec certaines de leur douze divinités principales.
Au début c’est un peu déroutant de se familiariser avec les noms des personnages et des lieux, mais pas plus que dans n’importe quel autre livre de littérature de l’imaginaire en réalité. Profitons en pour préciser que bien qu’autoédité, Les Enfants de Koro n’est pas moins qualitatif qu’un recueil de nouvelles qui aurait été publié par Scrinéo ou Argyll pour ne citer que ces deux-là.
Il est évidemment difficile de le résumer en raison de sa nature mais disons que sur les huit nouvelles aucune ne m’a déplu et que certaines en particulier m’ont vraiment beaucoup botté. C’est le cas notamment d’À l’intérieur de l’Ogothon qui m’a fait penser au récit biblique de Jonas.
La tribu korogaï dont il est question dans cette nouvelle vit sur un poisson géant et multimillénaire qui a tellement grossi qu’il est devenu une île. Sur cette île, les adolescents doivent se livrer à un rite de passage à l’âge adulte qui consiste à pénétrer à l’intérieur d’un de ces poissons (un Ogothon donc) plus jeune et à y quérir un précieux fluide. J’ai adoré !
Afin de ne pas divulgâcher je ne m’étendrai pas davantage sur les autres histoires mais je voulais juste donner le ton (ou l’Ogothon, j’avoue elle est facile). Toutefois, même si je ne suis pas adepte des trigger warning, comme la couverture et le propos peuvent donner à penser que Les Enfants de Koro pourrait s’adresser à un jeune public, signalons que le lecteur ne doit pas être trop sensible quand même. Deux nouvelles notamment m’ont surpris : La porte du Lohosh, une nouvelle à mi-chemin entre Ghostbusters (SOS Fantômes) et Lovecraft, et Divines étreintes qui n’est pas seulement de nature érotique mais traite aussi d’une paraphilie pour le moins choquante. Je n’en dirai pas davantage mais vous êtes prévenus.
Convenons que cette liberté de ton est aussi propre à l’autoédition et que ce n’est pas un mal en soi.
Pour finir, précisons que les nouvelles qui composent ce recueil peuvent aussi se lire indépendamment et que certaines ne sont pas dans le recueil, voire encore à paraître, ce qui signifie que Les enfants de Koro ne nous ont pas encore livré tous leurs secrets. (Voir sur Korogaï.com).
L’auteur

Nicolas Jolie s’est donné pour projet de faire découvrir à ses complanétaires la civilisation des Korogaï, ces anciens peuples répartis dans le secteur supragalactique du Rameau de Po et que nous pouvons tous considérer comme nos lointains ancêtres. Avec l’aide de son équipe mythoscientifique composée d’archéospiritologues, de mnémorestaurateurs, d’histoiriographes et autres traducteurs, il se propose de reconstituer des épisodes histoiriques à partir des vestiges spirituels découverts dans les Champs Oniriques ou d’autres espaces immatériels faisant l’objet de fouilles par la communauté histoirienne. Cette démarche permet d’offrir aux lecteurs un regard particulier sur les modes de vie des Korogaï, ainsi que sur les aventures que certains d’entre eux ont pu vivre au cours des 13 000 ans qu’a duré leur ère, depuis l’Exode et la fuite de la Terre-Mère Koro jusqu’au Déclin et leur assimilation par l’empire des Nivêk.
En bref
Les Enfants de Koro, de Nicolas Jolie, est disponible sur Amazon.
Le livre broché de 400 pages est vendu 17,90 €.
Paru le 1er janvier 2026.
