Thorvald au fil d’or

Si vous êtes un(e) habitué(e) de cequejendis.fr, vous savez l’admiration que je porte à Argyll, merveilleuse maison d’édition spécialisée dans le domaine de la littérature de l’imaginaire qui, je peux le dire en toute sincérité, ne m’a absolument jamais déçu.

Au risque donc de ne surprendre personne, il se trouve que j’ai totalement succombé à la lecture de Thorvald au fil d’or, premier roman publié d’Alexandre Desoutter qui devait néanmoins préparer son entrée fracassante dans le monde de la littérature depuis un moment déjà, à moins que ce ne soit un réel génie.

Le résumé

Royaume de Norvège, tournant du premier millénaire.

Une décennie après la disparition de son père, le jeune Thorvald se destine à reprendre la ferme familiale du Bjørnsand, dans les îles Lofoten. Mais son existence bascule lorsqu’il repêche le corps de la belle Aeryn dans les eaux du fjord.

En s’éprenant de celle dont la main était promise au jarl Olaf de Bjørgvin, Thorvald s’attire les foudres de l’homme le plus puissant du pays. Commence pour lui un voyage qui le conduira sur les routes de l’exil, sur des chemins qui le mèneront jusqu’aux rivages du mythique Vinland, en passant par l’Islande et le Groenland, et lors duquel il lui sera donné de dénouer les fils de sa destinée.

Ce que j’en dis…

Quand je reçois un premier roman de près de 500 pages, j’ai toujours une petite crainte : il risque de posséder quelques longueurs, ne puis-je m’empêcher de penser. Mais lorsque la maison d’édition qui le publie a acquis à mes yeux une sérieuse réputation, je me contente de penser que ce gros bébé doit être particulièrement riche.

C’est effectivement le cas de Thorvald au fil d’Or. Pas de longueurs (à mon humble avis), mais une grande richesse de contenu. Avec pour commencer cette particularité qu’il est difficile, et qu’il serait restrictif, de lui attribuer un genre précis. Heroic fantasy ? Roman d’aventures ? Roman historique ? Saga viking ? Thriller politique ? Simple épopée ? Je ne peux répondre que six fois par l’affirmative. Autant dire qu’il plaira à chacun(e) des amateurs (je ne vais pas mettre des parenthèses à chaque fois non plus, hein) des différents genres littéraires listés ci-dessus.

Pour ma part je ne suis qu’un modeste amateur de littérature de l’imaginaire et j’en ai pris plein les mirettes. Mais il me semble évident que le récit est, sinon exact, au moins instructif sur les plans historique et ethnologique puisqu’il raconte une épopée scandinave aux environs de l’an mille et que les quelques notes en bas de pages aident le lecteur à se familiariser avec le mode de fonctionnement des sociétés concernées de l’époque.

Les lieux et les personnages abordés sont nombreux et détaillés, d’ailleurs une carte en double page intitulée Explorations et expansions vikings en Atlantique Nord (VIII – XI e siècle) aide à comprendre le contexte géopolitique dans lequel s’inscrit le roman. Un Index des personnages aide aussi à s’y retrouver, organisé par pays : Norvège, Islande, Groenland et Markland, et par groupes ou tribus, mais je vous passe le détail.

Le récit alterne entre des phases terrestres paisibles, des épisodes de navigation, des scènes de guerre, des moments particuliers à la limite du surnaturel, le tout savamment dosé au point que je ne me suis jamais ennuyé. De fait, si j’ai mis un peu de temps à lire Thorvald au fil d’Or, c’est qu’à aucun moment je n’ai eu envie de me précipiter.

Il est évident qu’Alexandre Desoutter est (déjà) un écrivain de talent. Pour preuve, ou comme argument, dirons-nous, la façon pleine de discernement dont il utilise les ellipses. Que ce soit le temps d’une navigation, celui de l’entrée dans un village ou bien une dizaine d’années passées sur terre en temps de paix, elles ne privent le lecteur de rien mais s’imposent presque dans la construction du récit. La difficulté réside dans le fait de les utiliser avec parcimonie et au bon moment et je trouve que l’auteur excelle à cet égard.

La figure du héros, Thorvald donc, est finement travaillée. L’homme a ses faiblesses et ses blessures mais son charisme n’en demeure pas moins évident et le lecteur souhaite le voir aboutir dans chacune de ses entreprises.

J’ai aussi fait de belles découvertes puisque si je connaissais plutôt bien le type des bersekers, j’ignorais ce qu’il en était des ulfhednars que j’ai trouvés non moins stupéfiants. Par ailleurs, j’ai appris beaucoup de choses sur les peuples et communautés nordiques dont il est question dans cet excellent roman. J’ai notamment beaucoup apprécié le fait que dans les sociétés de l’époque l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes tenait plus du quotidien que de l’idéal.

Pour finir, je pense que si Alexandre Desoutter envisage de donner une suite à Thorvald au fil d’or en racontant l’épopée de Silla-Bjarni, le fils qu’il eut de Sakari, (Thorvald, pas Alexandre, on est d’accord) je le suivrais les yeux fermés (je les ouvrirai cependant pour lire, soyez en assurés). Mais mon petit doigt me dit qu’il a d’autres projets.

L’auteur

Diplômé d’un Master en droit international public de Sciences Politiques Grenoble, Alexandre Desoutter a vécu deux ans sur le continent américain, entre l’Argentine, les États-Unis et la Colombie.

Après plusieurs expériences professionnelles en relations internationales et européennes dans les secteurs public et privé, il exerce désormais dans le domaine du journalisme et des relations publiques depuis Marseille où il vit actuellement.

Passionné d’histoire, Thorvald au fil d’or est son premier roman publié.

En Bref

Thorvald au fil d’or, d’ Alexandre Desoutter, est publié par les éditions Argyll.

Le livre broché de 475 pages est vendu 25,90€.

Il est paru le 23 janvier 2026 en librairie.

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