Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers de Björn LARSSON

Résumé

Jan Y, poète de son état, est retrouvé pendu sur sa péniche. Au 1er regard, un suicide. Les poètes maudits, ça existe. Cet homme ne vivait d’ailleurs que pour son art, était reconnu de son seul éditeur, ses recueils de poèmes se vendaient très mal même s’il était talentueux, et il vivait sans le sou. C’est sans compter sur la perspicacité du policier Barck qui constate qu’il s’agit d’un crime. Mais qui voudrait tuer un homme sympathique et sans histoires ? Et si c’était en lien avec son dernier projet, celui d’écrire un …roman policier ! Pour quelles raisons alors voudrait-on le supprimer ? L’enquête ne fait que commencer.

Ce que j’en dis

J’adore les romans qui parlent de romans ! Sous toutes ses formes : humour, contemporain, policier, etc. Pari gagné de ce côté-ci.

Que de poètes dans ce livre, voire dans ce pays (Suède) ! Car en plus de la victime, le policier l’est également à ses heures perdues. Tout n’était pas parfait dans ce vieux livre (2012 !) mais, du coup, ça m’a fait beaucoup écrire ! Je vous partage également quelques passages du roman qui m’ont interpellée, pour des motifs différents.

J’ai noté quelques invraisemblances :

  • Le policier qui dévoile l’avancée de l’enquête à un suspect, notamment le fait qu’il n’ait aucune piste.
  • Le policier qui demande à un suspect s’il peut interroger un autre suspect actuellement hospitalisé au lieu de demander l’avis du médecin.
  • Un suspect qui avoue au policier avoir donné à un ami des informations relevant du secret bancaire.

Il y a plusieurs mini poèmes : j’ai trouvé ça chouette pour un roman policier !

Et j’ai aussi relevé qu’en 2012, on disait encore « crime passionnel » …

J’ai raté la fin ! je n’ai pas compris pourquoi l’auteur l’a fini de la sorte ! Et elle m’a déçue même si ça n’enlève rien au reste du récit.

Un petit côté basique dans ce style d’écriture, avec une vraie enquête policière qui conviendra parfaitement aux amateurs de polar mais moins aux aficionados.

Extrait page 386 : Il n’était pas mécontent que l’âge de la retraite approche. Il était toujours aussi enthousiaste quand il tombait sur un bon livre et le serait sans doute jusqu’à sa mort, mais tout le cirque médiatique le fatiguait. Un ministre de la justice auteur d’un roman policier médiocre recevait plus d’attention qu’un poète de talent, et cinq minutes sur un talk-show étaient plus efficaces que des critiques élogieuses. L’écrivain timide et gauche, dépourvu de charisme et de bagout, n’avait même plus envie de publier un livre. Tout ce qui importait, c’était d’être fort en gueule et bien de sa personne, surtout si l’on était une femme. Les écrivains se prêtaient à tout pour vendre leurs romans : lectures publiques, salons, foires.

J’aime bien cet extrait qui reflète bien ce monde de l’édition, et qui est dit par l’éditeur de Jan Y.

Page 436 : pour finir, il évoquait en détail le meurtre du metteur en scène hollandais Theo Van Gogh par un fanatique religieux et politique.

Ici, j’ai dû chercher l’info car pour moi, Théo Van Gogh est le frère de Vincent…le peintre ! Ce qui est juste également. Là, il s’agit de son arrière-petit-neveu, et nous ne sommes pas du tout sur le thème de la peinture, quoique dans le milieu culturel. Ce meurtre date de 2004.

Page 473 : l’admirateur de Steffi Graf qui avait tué Monica Seles.

GROSSIERE erreur : l’admirateur l’a poignardée mais ses jours n’étaient pas en danger. Alors que les infos mentionnées plus haut sur Theo Van Gogh sont exactes, pourquoi celle-ci ne l’est pas ?

En bref

Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers, de Björn Larsson, est publié par les éditions Grasset.

Le livre broché de 496 pages est vendu 28,80€.

Le livre de poche chez l’éditeur éponyme coûte 8,90€.

Paru le 24 octobre 2012.

Bonus

Björn Larsson est professeur titulaire de littérature française à l’université de Lund en Suède (source : Wikipédia).

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