
Musso, Levy et autre Chattam, passez votre tour : voilà Stéphane SCHMUCKER !

Résumé
Strasbourg, 2003 : une série de meurtres est commis avec toujours le même mode opératoire. Le capitaine Breuil est en charge de l’enquête qui conduit rapidement à l’arrestation de la personne responsable de ces méfaits. Mais Charlotte, la fille du capitaine, est enlevée avant d’être « rapidement » retrouvée.
Strasbourg, 2022 : Charlotte et son conjoint s’installent dans leur nouveau logement où sont retrouvées des mains coupées, qui est la signature des meurtres commis presque 20 ans plus tôt. Les deux affaires sont-elles liées ?
Nous allons nous replonger dans les évènements de 2003 avec les protagonistes de l’époque et les conséquences sur le présent. Bien des choses vont émerger : personne n’est ni tout blanc, ni tout noir.
Ce que j’en dis
Ce livre est juste tout à fait I N C R O Y A B L E à deux titres :
- Quel scénario ! C’est d’une inventivité incroyable.
- Les évènements s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres. Contrairement aux auteurs spécialistes de « cliffhangers », Stéphane SCHMUCKER arrive, je ne sais pas comment, à distiller des petits indices, non pas des indices, mais de petites indications qui nous (ou du moins moi !) m’a un chouïa m’interrogée, étonnée (au point de les noter !) pour qu’au final, tout finisse par former une histoire. Non mais quelle histoire ! Il sait EXACTEMENT distiller la bonne dose d’accroche : il en dit assez sans tout dévoiler, mais toujours l’air de rien. Alors que dans d’autres romans, tu le vois venir, ici c’est fait avec tant de finesse et de délicatesse que tu te laisses entourlouper. Par exemple, cette scène où j’ai dû revenir en arrière, persuadée qu’il parlait d’une femme alors qu’il s’agissait d’un homme. Et quand j’ai relu le chapitre, niet, aucune trace de femme : il l’avait suggéré les lignes auparavant, mon cerveau a fait le reste et je suis bien tombée dans le panneau ! Bravo !
L’auteur n’est pas juste alsacien ou positionne son histoire en Alsace. Il y met également nos traditions, nos termes, nos objets de la région. Exemple page 38, où il parle de la « hexennacht » nuit des sorcières du 30 avril.
Si on veut vraiment chipoter, je dirais que finalement la scène d’intro qui débute parfaitement le roman, est un peu tirée par les cheveux quant au motif du pourquoi elle a été faite. Et également certains personnages n’ont pas eu la place qu’ils méritaient et auraient dû être davantage travaillés.
En tout cas, une formidable découverte qui ne fait que conforter ce que je pense : beaucoup trop d’auteurs (locaux) méconnus qui gagnent à être connus et reconnus, au détriment des grandes têtes d’affiche qui parfois se reposent sur leurs lauriers. Je dis ça, je dis rien.
Bonus
Stéphane SCHMUCKER est professeur agrégé de biochimie. C’est son second roman, le premier étant « l’ombre du funambule » qui a remporté le prix spécial « Suspense ça m’intéresse Histoire » en 2021.
