Depuis 1914 le monde entier est en guerre. Quelque part ou ailleurs, il n’y a pas eu un jour sans conflit depuis cette année décisive.
Les périodes d’après-guerre pourraient servir de leçon. Gestapo Berger aide à comprendre pourquoi il n’en est rien.
Pierre Olivier n’est pas sociologue ni historien, il est romancier. Et Gestapo Berger n’est pas un essai mais un roman d’espionnage. Toutefois, il y a des choses à y apprendre. Que celui qui a des oreilles écoute.

Le résumé
Friedrich Berger : le chef de la Gestapo de la rue de la Pompe, à Paris, pendant l’Occupation.
Friedrich Berger : le responsable du massacre de la cascade du Bois de Boulogne.
Friedrich Berger, le pire des criminels de guerre recherchés par les autorités françaises, a disparu. On a perdu sa trace à Milan en 1945.
Pour le retrouver, le service de contre-espionnage est résolu à tout tenter. Et pour pénétrer les filières d’évasion mises sur pied par le Vatican afin de venir en aide aux nazis, quoi de mieux qu’un collabo, ancien sous-lieutenant sur le front de l’Est, désireux de se racheter une conduite ?
Sauf que les choses changent et, quand la raison d’État s’en mêle, rendre justice peut devenir secondaire.
Ce que j’en dis
En 2023, Pierre Olivier avait reçu le Prix du roman d’espionnage avec Lorsque tous trahiront, une coédition Konfident / La Manufacture de livres.
Gestapo Berger en est la suite, publiée par Konfident tout seul cette fois-ci, ce qui n’entame en rien la qualité de l’édition.
Ceux qui ont aimé le premier roman aimeront le second même si sa lecture n’est pas indispensable pour profiter pleinement de cette nouvelle publication, l’auteur faisant en sorte de resituer le contexte habilement dès les premières pages.
On y retrouve le même personnage principal avec lequel l’empathie m’est toujours aussi impossible sans que cela desserve mon plaisir de lecteur, allez comprendre. En effet, notre héros est un ancien collaborationniste qui a servi l’Allemagne nazie au sein de la LVF, pour Légion des Volontaires Français pour la lutte contre le bolchévisme, créée en 1931 par quatre partis collaborationnistes français avant d’être dissoute en 1944, ses membres intégrant la division SS Charlemagne.
Pas le gendre idéal donc, même pas pour les nostalgiques du IIIème Reich puisque le type en question décide de trahir la cause : traquer un ancien dirigeant de la Gestapo en échange d’une remise de peine conséquente, voire d’une possible amnésie de l’État à l’égard de ses agissements…
Ce qui donne un intérêt particulier à ce roman c’est qu’il s’inscrit dans un sous-genre souvent très apprécié en ce qui concerne les thrillers politiques : le roman à clé. Entendez que si l’histoire est une fiction, les personnages et les faits ne le sont pas forcément. On change des noms ici ou là pour brouiller les pistes mais la réalité est bien le terrain de jeu de l’écrivain.
Ainsi, l’acoquinement des services secrets français avec les forces collaborationnistes ou fascistes de l’époque n’est pas totalement fictive. Évidemment, cela n’étonne pas forcément grand monde mais il y a quelque chose d’à la fois répugnant et jubilatoire à le lire.
L’histoire de l’après-guerre des années quarante n’est pas si loin que cela et l’actuel enlisement de la pensée européenne dans le bourbier néo-fasciste fait de ce bouquin une sorte de mise en garde. Si jamais, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.
D’ailleurs, pour la petite anecdote, le jury qui a remis à Pierre Olivier le Prix du roman d’espionnage pour Lorsque tous trahiront était composé d’anciens membres des services secrets français, des lecteurs bien placés pour faire la différence entre un conspirationniste et un écrivain éclairé.
L’auteur

Pierre Olivier (nom d’emprunt) est lauréat de la première édition du Prix du roman d’espionnage – Amicale des services spéciaux 2023 des éditions Konfident et La Manufacture de livres pour « Lorsque tous trahiront » (2023). En 2026, il a publié « Gestapo Berger ».
En bref
Gestapo Berger, de Pierre Olivier, est publié par les éditions Konfident.
Le livre broché de 256 pages est vendu 18,90€.
Paru le 12 mars 2026.
