Black Music Justice, de Fabrice Epstein

Sous-titré Une histoire judiciaire des musiques noires, Black Music Justice (BMJ pour les intimes) vient s’ajouter à Rock’n’roll Justice du même auteur, également paru chez La Manufacture de livres il y a déjà deux ans de cela.

J’avais tellement aimé le premier opus et apprécié l’auteur et l’homme Fabrice Epstein qu’il me tardait de pouvoir lire Black Music Justice.

Le résumé

Les avocats, les magistrats, ont-ils le sens du rythme ? Peut-être pas toujours, mais cela ne peut empêcher l’histoire de la musique de suivre le tempo du monde judiciaire. Le droit et la justice ont façonné la vie des musiciens noirs participant à l’écriture des mythes de notre temps. Guerres intestines entre artistes, impresarios et labels, faits divers à la une des journaux, histoires de drogues, de sexe ou de plagiats, crime organisé… Le blues, la soul, le jazz, le rap ne sont pas exempts de scandales. Petits arrangements ou grands procès, combats contre les droits civiques et dénonciations des agissements de l’État, ce sont ces relations quasi incestueuses entre musique, justice et société que nous raconte Fabrice Epstein, retraçant les affaires qui ont impliqué Michael Jackson, Marvin Gaye, Jay-Z, Bob Marley, MC Solaar, Aretha Franklin, Chuck Berry, Orelsan, Miles Davis, NTM, Tina Turner, Serge Gainsbourg et tant d’autres.

Ce que j’en dis…

En premier lieu je tiens à préciser que si Black Music Justice constitue indéniablement une suite de Rock’n’roll Justice, il peut toutefois être considéré tout à fait indépendamment de cet ouvrage.

En réalité les deux livres méritent le même intérêt singulier et la même attention.

Une attention qui, en ce qui me concerne, s’est mué en admiration en en délectation au fil des pages.

Il y a à cela plusieurs raisons.

D’abord j’ai retrouvé ce qui m’avait charmé à l’origine : le style, celui d’un chroniqueur friand de bon mots, à la plume à la fois précise et impatiente (ce qui se conjugue rarement avec réussite), la rigueur de l’avocat qui pèse ses déclarations, l’érudition, palpable sans aucune grandiloquence. Finalement, la passion. Amoureux de musique noire, épris de justice (c’est le moins qu’on peut attendre d’un avocat, certes, mais des attentes déçues il y en a aussi) et fin observateur de la société, de ses évolutions et de ses dérives.

Je ne suis pas un idolâtre (Deutéronome 5 :7 ; 1 Jean 5 : 21).

Mais il y a des personnalités qui me touchent, des discours, des regards portés sur l’actualité qui conviennent à ma vision globale du monde. Il s’agit parfois de personnalités très différentes, dont certaines sont parfois très controversées.

Image protégée par les droits d’auteur. @PascalIto1 @LaManufacturedelivres

Fabrice Epstein est du lot. Pas de celui qui alimente les controverses, mais de celui qui nourrit mon sens critique sans brusquerie. J’avais eu le plaisir de l’interviewer pour son précédent livre, ce qui avait fait l’objet d’un article qui se trouve ici, à une portée de clic.

Je partage avec Fabrice Epstein ce goût prononcé pour les Écritures et pour l’écriture, cette vision d’un monde ou être noir ne devrait pas constituer une défaveur, cette envie d’une justice qui opère pour le bien commun et général, dans le respect des différences et de la liberté d’expression.

Cette sensibilité s’exprime dans les dizaines de chroniques, certes judiciaires mais aisément abordables, qui composent ce beau livre. Parce que oui, il est à ranger dans la catégorie des beaux livres car outre ses indéniables qualités littéraires et informatives, il est aussi agrémenté de magnifiques photos (pas loin d’une soixantaine, excusez du peu) et bénéficie de cet extraordinaire papier glacé qui, s’il se rencontre rarement dans le monde du livre, fait mon bonheur pour ce genre de publications.

J’ai donc été comblé sous différents rapports par Black Music Justice et, cerise sur le pompon, par la playlist en fin d’ouvrage qui va me faire ma journée (et nombre d’autres).

Une petite feuille d’or sur la cerise : l’annonce d’un troisième livre dans la série, à découvrir page 355.

Autant vous avouer que j’ai hâte.

Black Music Justice, de Fabrice Epstein, est édité par La Manufacture de livres.
Ce beau livre en bleu, noir et blanc et riche de photos fait 358 pages et il est vendu 27€.
Paru le 30 novembre 2023.

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