Lors de sa parution il y a déjà deux ans, j’avais été très attiré par la couverture de ce livre que je trouvai particulièrement alléchante. Mais comme tu le sais, on n’a pas le temps de lire tout ce qui nous attire.
Rendez-vous page 17, le club de lecture du réseau des bibliothèques de Mulhouse m’a donné une seconde chance puisque Le syndrome du canal carpien fait partie du cycle consacré aux romans humoristiques.

Le résumé
Quelle invention merveilleuse que le téléphone portable : 188 grammes de métal, de verre et de plastique enveloppés dans un écrin brillant aux lignes pures, à la fois porte ouverte sur d’autres mondes et arme perfide entre les mains des imprudents. Les Cleverley sont britanniques, célèbres et riches. Ils n’ont aucune conscience de la fragilité de leurs privilèges, alors qu’ils ne sont qu’à un tweet du désastre. George, le père, est un animateur de télévision, – un trésor national (selon sa propre expression -, sa femme Beverley, une romancière reconnue (pas autant qu’elle le souhaiterait), et les enfants, Nelson, Elisabeth et Achille, frôlent tous d’inéluctables catastrophes.
Ensemble, ils découvrent les affres de la vie moderne, où les réputations sont détruites en un clin d’œil, et ils apprennent combien le monde se révèle impitoyable lorsqu’on s’écarte du chemin tout tracé.
Avec l’humour unique qui le caractérise, John Boyne dresse un portrait irrésistible de notre époque et de ses travers.
Ce que j’en dis…
So british !
J’aime tellement le côté farfelu de l’humour britannique. Et sous ce rapport, n’hésitons pas à dire que John Boyne est délicieusement drôle.
Ce roman contient de nombreux passages qui m’ont donné à penser que j’assistais à une pièce de théâtre : les comédiens entrent dans le décor, ils disent leur république, souvent absurde, presque toujours amusante, se répondent le temps d’un chapitre avant de quitter la scène. Puis viennent d’autre comédiens ou bien on change de décor et l’histoire continue de se dérouler à la lumière de nos dents retroussées dans un sourire joyeux.
Pour autant Le syndrome du canal carpien n’est pas une simple farce puisqu’il pointe furieusement du doigt la façon dont notre rapport au téléphone portable et plus précisément notre addiction aux réseaux sociaux est en train de réformer en profondeur une société humaine où l’on vit plus que jamais au travers du regard des autres, soit-il admiratif, bienveillant ou envieux.
Followers et haters, des inconnus pour la plupart, donnent la direction à suivre à ceux qui se laissent prendre au piège de l’aspiration à la popularité, les privent de leur liberté de mouvement, de pensée et d’action.
Par ailleurs, John Boyne décrypte l’air de rien les tenants et les aboutissants du wokisme mieux que ne le ferait un essai sociologique. Avec humour et recul, mais en faisant preuve de beaucoup de clairvoyance et d’à propos.
Bien entendu, ce roman peut aussi simplement se lire au premier degré comme l’œuvre humoristique qu’il constitue indéniablement, mais le lecteur sérieux et désireux de trouver un semblant d’équilibre sur la vague technologique sur laquelle l’humanité moderne surfe à grand peine y trouvera certainement de nombreuses pistes de réflexion d’une grande pertinence.
L’auteur

John Boyne est né en Irlande en 1971. Il est l’auteur du Garçon en pyjama rayé (Gallimard jeunesse, 2006), qui s’est vendu à pus de six millions d’exemplaires dans le monde. Son roman, Les Fureurs invisibles du coeur, l’a imposé sur la scène littéraire française.
Le syndrome du canal carpien, de John Boyne est édité par JC Lattès.
Le livre broché de 480 pages est vendu 22,90 €.
Le Livre de poche le propose à 9,90 €.
L’emprunt à la bibliothèque est gratuit.
Paru chez JC Lattès le 30 mars 2022.
