Zona Cero, de Gilberto Villarroel

Il y a des choses qu’on n’explique pas.

Ainsi, alors que Gilberto Villarroel a publié une saga (déjà quatre volumes) consacrée aux aventures de Lord Cochrane aux éditions Aux Forges de Vulcain, une maison que j’aime beaucoup et que je suis depuis des années, c’est avec Zona Cero, qui n’a rien à voir avec ladite saga, que je fais connaissance avec cet écrivain remarquable.

Mieux vaut tard que jamais.

Le résumé

Un tremblement de terre déclenche une épidémie d’origine inconnue qui transforme Santiago en paysage apocalyptique. Un journaliste, Gabriel, entre dans la ville pour sauver son épouse, Sabine. Elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Mais la capitale est assiégée par des troupes étrangères qui interdisent l’accès à la « Zona Cero ». Le chaos règne. Les habitants sont transformés en créatures meurtrières et destructrices. Avec l’aide d’un militaire américain et d’un groupe de mineur en grève, Gabriel traverse une ville infestée de monstres. Sa mission : sauver un curé déchu qui a la clé pour affronter le mal légendaire qui les menace tous.

Allégorie crépusculaire d’un pays qui n’a, de la démocratie, que le masque, d’une nation qui n’a pas exorcisé les démons de la dictature qui l’a asservie, Zona Cero est un roman fantastique et politique : un miroir tendu à notre monde vacillant.

Ce que j’en dis…

Les romanciers (pas tous) sont des visionnaires. Gilberto Villarroel le prouve avec ce roman très particulier qui oscille entre le récit apocalyptique et le récit d’aventures survivaliste.

Voilà pour la forme.

Le fond est éminemment politique. Avec Zona Cero (Ground Zero en anglais, ça vous dit peut-être quelque chose) il allume les projecteurs sur les connivences existant entre les partis politiques d’extrême-droite chiliens et la Très Sainte Église Catholique. (Quatre majuscules sinon rien). Ce n’est pas un phénomène chilien. On peut d’ailleurs l’extrapoler à juste titre et se mettre à réfléchir à la façon dont les religions dominent, de façon plus ou moins visible mais avec une infaillible fidélité, les milieux politiques qui dirigent les dictatures du monde entier.

On pourra qualifier Gilberto Villarroel d’écrivain de gauche, je ne suis pas certain que l’étiquette le dérange mais il est certainement, bien plus que cela, un écrivain à hauteur du peuple.

Ceci dit, il ne s’agit aucunement d’une œuvre de propagande politique. Je le précise parce que je suppose que de nombreuses personnes se trouvent acculées par une pression médiatique particulière liée à un certain climat postérieur au résultat des récentes élections européennes.

En ce qui me concerne, je m’astreins à cultiver une neutralité politique à laquelle je suis très attaché, en dépit du fait que cette notion échappe à beaucoup – au plus grand nombre. Je le précise parce que lorsque que je signale qu’un livre est politique, je ne cherche pas à soutenir tel ou tel mouvement de pensée ou une idéologie quelconque. Mais le monde dans lequel nous vivons est à ce point lié à des intérêts politiques, économiques et religieux qu’il importe de ne pas faire l’autruche et de s’attacher à comprendre l’époque que nous vivons.

Certains livres permettent cette compréhension.

Zona Cero en fait partie.

Après, d’autres lecteurs n’y verront qu’une histoire de survivalisme post apocalyptique dans un monde peuplé de vampires.

C’est peut-être la vision la plus reposante qui soit, finalement.

L’auteur

Gilberto Villarroel est né en 1964 à Santiago du Chili. Il est scénariste et producteur de télévision et de cinéma. Aujourd’hui il réside à Paris, où il écrit, tome après tome la série des aventures de Lord Cochrane. Zona Cero, roman politique et crépusculaire, est son cinquième roman.

Zona Cero, de Gilberto Villarroel est édité par Aux Forges de Vulcain.
Le livre broché de 445 pages est vendu 22€.
Paru le 2 février 2024.

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