Une vie pleine de sens, de Pablo Casacuberta

Il y a des couvertures qui donnent immédiatement envie. C’est le cas de ce livre des éditions Métailié dont le cactus a tout de suite piqué ma curiosité (facile).

Cette maison d’édition venait de me régaler avec Les doigts coupés, de Hannelore Cayre que j’ai lu en… juillet, incroyable comme le temps passe vite !

Donc, lorsque j’ai vu qu’Une vie pleine de sens figurait dans la liste des ouvrages proposés dans la masse critique de septembre organisée par Babelio, j’ai postulé pour le lire, et j’ai eu le privilège de pouvoir le lire.

Le résumé

Tous les livres sont des livres de développement personnel, dit l’un des personnages de ce roman délirant. Dans un parcours accidenté de gaffes et de maladresses, David Badenbauer, incurable sceptique et neurophysiologiste frustré, se voit obligé d’entamer un processus de développement personnel à faire pâlir d’envie les plus ambitieux des gourous.

Expulsé de la vie qu’il s’est construite, mis sur la paille par un divorce à l’ancienne, il va devoir affronter tout ce qu’il s’est toujours appliqué à fuir. Il trouve refuge dans l’ironie où s’exprime ce qu’il a de meilleur. Il a aussi la chance de rencontrer un éditeur fantasque et un rabbin bienveillant qui vont lui apprendre à perdre.

Pour enfin sortir de l’ornière économique, faisant taire tous ses préjugés, il devra écrire un livre de commande de développement personnel et ce travail lui offre une façon structurée de poser les question existentielles et la façon d’y répondre.

Un miracle d’humour et de dérision, des personnages inoubliables, un délice de lecture par un auteur talentueux dont les livres ne vous quittent plus.

Ce que j’en dis…

Je ne connaissais pas Pablo Casacuberta et ce magnifique résumé m’avait laissé imaginer une sorte de comédie judéo latine hilarante.

Ce n’est pas aussi simple que cela.

D’abord parce que l’auteur n’est pas si abordable que je l’imaginais : on est loin de l’easy reading, que ce soit clair. L’humour est certes présent mais il s’agit d’un humour noir, cynique et désabusé, pas de la grosse farce donc.

Une vie plein de sens n’est pas un livre de développement personnel mais il donne à réfléchir sur notre existence. Enfin, surtout sur celle de David Badenbauer en vérité puisque le focus est très très resserré sur ce personnage principal. C’est à ce point que son épouse prend de l’épaisseur uniquement lors de leur divorce, son fils lors d’une altercation parent-ado et ses collègues de travail lorsqu’il est au bord du licenciement.

Ainsi, David ne prend en compte ses proches que lorsque sa routine est menacée. Et pourtant il n’est pas antipathique. Parce qu’il est faible avant tout, sans épaisseur lui non plus. Encore moins épais que les autres en réalité. Unique spectateur de sa propre vie ratée, mais lorsque l’occasion lui est donnée d’en devenir acteur il la saisit à peine, profitant plutôt d’un heureux concours de circonstances.

Est-on un homme de bien dès lors qu’on s’abstient de faire du mal ? Ou bien une existence futile est-elle un drame en soi ?

C’est une petite déception si je compare ce que m’a procuré ce livre à ce que son résumé m’avait laissé espérer, mais ça n’en fait pas un mauvais roman pour autant : il est juste différent de ce à quoi je m’attendais.

Par ailleurs je n’y ai pas trouvé la touche latine espérée. J’ai plutôt l’impression d’avoir lu un roman écrit par un juif new-yorkais que par un auteur uruguayen.

L’auteur

Pablo Casacuberta est l’une des dernières incarnations de l’esprit de la Renaissance qui se lancent à l’abordage de l’art en pratiquant le plus grand nombre de ses expressions, dans son cas la littérature, la peinture, la photographie, le cinéma et la vidéo. Il a été sélectionné en 2007 par le Hay Festival pour le groupe Bogotá 39, réunissant les écrivains latino-américains de moins de 40 ans les plus prometteurs. Il est l’auteur de cinq romans devenus cultes dans toute l’Amérique latine.

Une vie plein de sens, de Pablo Casacuberta est publié par les éditions Métailié.
Traduit de l’espagnol (Uruguay) par François Gaudry.
Le livre broché de 330 pages est vendu 22€.
Paru le 30 août 2024.

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