Les Lettres d’Esther, de Cécile Pivot

Le cycle du cercle de lecture mulhousien rdv page 17 est consacré cette saison aux romans épistolaires.

Un emploi du temps capricieux m’a empêché de me rendre à nos réunions mensuelles depuis septembre mais à moins qu’un malheur me tombe dessus d’ici demain soir je devrais pouvoir assister à la réunion de décembre.

J’y parlerai sans doute des Lettres d’Esther, de Cécile Pivot.

Le résumé

En souvenir de son père, Esther, une libraire du nord de la France, ouvre un atelier d’écriture épistolaire. Ses cinq élèves composent un équipage hétéroclite : une vieille dame isolée, un couple confronté à une sévère dépression post-partum, un homme d’affaires en quête de sens et un adolescent perdu.

À travers leurs lettres, des liens se nouent, des cœurs s’ouvrent. L’exercice littéraire se transforme peu à peu en leçon de vie dont tous les participants sortiront transformés.

Roman initiatique, pétri de tendresse et d’humanité, ces Lettres sont un éloge de la lenteur, une ode au pouvoir des mots.

Ce que j’en dis…

Ce roman m’a fait songer avec nostalgie à cette adolescence durant laquelle je passais beaucoup de temps à écrire des lettres.

Aux correspondantes (toujours des filles) allemande et écossaise qu’on m’avait attribuées en cours de LV1 et LV2 au collège et avec qui nous échangions uniquement dans leur langue. À mes amis Gaël et Zaza que je retrouvais pourtant chaque week-end mais avec qui nous avions en commun le plaisir de nous écrire chaque semaine. Puis Sylvain après l’armée. Natalie aussi.

Avec le temps ces correspondances ont malheureusement cessé mais j’en garde un agréable souvenir, nimbé de tendresse. Ces lettres nombreuses qui faisaient indéniablement partie de mon quotidien m’ont certainement marqué à vie puisqu’il ne se passe pas une seule journée sans que j’aille vérifier ma boîte au lettres avec une inépuisable fidélité.

C’est dire si je me suis senti concerné par cet original atelier.

Le ton du livre est très bon enfant et donne envie de se prêter soi-même à l’exercice. Il est frappant de voir comment les gens se livrent, se découvrent, s’aident mutuellement à faire face à leur propre existence. Bien entendu ce n’est qu’un roman mais les réseaux sociaux prouvent à quel point les gens renoncent aisément à leur intimité. Ici on n’étale pas sa vie au grand jour mais on apprend à la partager avec un inconnu via un rapport épistolaire.

Il en ressort un roman plaisant qui se lit aisément et qui donne envie de prendre la plume pour écrire une lettre, la plier en trois, inscrire le nom et l’adresse sur l’enveloppe, y coller un timbre qu’on aura choisi parmi les plus beaux et aller la glisser avec le sourire dans la fente d’une boîte jaune au coin de la rue.

Avis aux amateurs…

L’autrice

Oui, c’est la fille de Bernard Pivot !

Cécile Pivot est journaliste. Elle a d’abord publié un récit, Comme d’habitude, et Lire !, un essai à quatre mains. Battements de cœur, son premier roman paru chez Calmann-Lévy en 2019, a été salué par la critique : « Une analyse bouleversante de nos fragilités » Madame Figaro ; « Sa douce obstination fait mouche, émouvante et singulière » La Vie.

Les Lettres d’Esther, de Cécile Pivot est édité par Calmann-Lévy.
Le livre broché de 320 pages est vendu 19,50€.
Paru le 19 août 2020.

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