Je poursuis ma découverte des titres en lice pour le Prix des lecteurs Quais du Polar 2025 avec beaucoup de plaisir car sur les six concernés j’en ai lu la moitié et je dois dire que ces trois m’ont beaucoup plu.
Cette fois-ci il s’agit de L’Agent, signé Pascale Dietrich, aux éditions Liana Levi.

Le résumé
Après une enfance calamiteuse, Anthony Barreau s’enorgueillit d’habiter le XVIe arrondissement parisien, de porter d’impeccables chemises blanches et de mener une brillante carrière d’agent. Pas agent d’auteurs ou de stars. Non, lui gère les contrats qu’on pose sur la tête de certains indésirables et qui rapportent dix pour cent du montant destiné au tueur. Un travail méticuleux et tranquille, tant qu’on efface ses traces et qu’on évite les ratés. Mais le jour où une mission tourne au fiasco et que le commanditaire, un caïd redoutable, se retourne contre lui, tout part en vrille. Face au règlement de comptes annoncé, Anthony doit au plus vite trouver une planque. Quoi de plus insoupçonnable que le camping de Vierzon ? Et quelle meilleure couverture qu’une vieille dame en cavale prête à tout pour échapper à l’Ehpad ?
Ce que j’en dis…
À la lecture du résumé, je m’imaginais lire (encore) un polar un peu marrant genre road movie. Je n’ai rien contre, soit dit en passant. D’ailleurs j’en ai lu un il n’y a pas si longtemps qui faisait pareillement partie des six titres sélectionnés pour le même prix littéraire.
Pourtant, après quelques pages, il m’a fallu me rendre à l’évidence : même si L’Agent n’est pas complètement dépourvu de certaines touches d’humour, il n’en est pas moins un véritable polar.
D’ailleurs, la relation improbable entre l’agent de sicaires et la grand-mère qui redoute d’être placée, ainsi que le parcours de la championne de biathlon qui devient tueuse sous contrat, plutôt que de posséder les traits comiques qu’on envisage à priori, racontent plutôt des vies accidentées, une certaine idée de la résilience, un refus obstiné de baisser les bras face à l’adversité, la nécessité de continuer d’avancer.
Ainsi, même s’il est évident que Pascale Dietrich nous offre une véritable œuvre de fiction, le lecteur prend plaisir à donner corps et âme à ces trois protagonistes (et aux seconds rôles) de cette histoire plus sombre que rocambolesque. Et il y a des détails qui ne m’ont marqué que longtemps après que j’en eus achevé la lecture, à l’instar de cet orphelin qui appelle ses chiens Papa et Maman. Sur le moment ça ne m’avait pas choqué, mais en y repensant…
Au final, quelques jours après l’avoir lu, L’Agent me laisse une agréable impression de qualité, comme un bon vin qui en plus de se laisser boire volontiers continue de dégager des arômes en bouche alors que déjà il ne s’y trouve plus.
Décidément, il ne va pas être simple de choisir le lauréat.
L’autrice

Pascale Dietrich est née à Tours en 1980 et vit à Paris. Sociologue, ses travaux portent sur les populations précaires et les inégalités. Elle est l’auteure de plusieurs comédies noires, notamment Les Mafieuses et Faut pas rêver. L’Agent est son cinquième roman.
L’Agent, de Pascale Dietrich est édité chez Liana Levi.
Le livre broché de 208 pages est vendu 18€.
Paru le 3 octobre 2024.
