Inishbofin constitue le troisième volet de La triade irlandaise après Aughrus Point et Moorland.
Comme je n’ai malheureusement pas lu ces deux précédents ouvrages je fus rassuré par la carte qui accompagnait le livre et la mention manuscrite Ce roman peut se lire indépendamment ♥.

Le résumé
Toute sa vie, Salvatore Bonato a fait des miracles. Pas au sens propre du terme, parce qu’avec de l’argent sale, la loi n’a rien prévu.
Les polices du monde entier sont aux anges quand le comptable du terrorisme se place sous leur protection en échange de renseignements. Le problème c’est qu’il exige de n’avoir qu’une seule confidente : la policière de la Garda Ciara McMurphy.
Pourquoi ?
Elle ne le connaît pas et, de toute façon, elle a d’autres préoccupations en tête, comme de laisser passer l’hiver, regarder les nuages au-dessus d’Aughrus Point ou fabriquer une mouche artificielle pour l’ouverture de la pêche au printemps.
L’Irlandaise a la réputation d’être curieuse et, même si c’est un vilain défaut, Ciara McMurphy ne fait pas exception à la règle.
Ce que j’en dis…
Je connaissais Gérard Coquet pour sa collaboration avec Ian Manook sous leur pseudo d’écriture à quatre mains : Page Comann.
J’avais beaucoup apprécié le bomian (M+, 2024) et Souviens-toi de Sarah (M+, 2023).
Je connaissais Ian Manook tout seul pour avoir lu Le Pouilleux massacreur (La Manufacture de livres, 2024) mais je n’avais jamais lu ce que produit Gérard Coquet sans son compère.
Je l’ai donc découvert sous cet angle avec Inishbofin et je n’ai pas été déçu une seule seconde. La promesse manuscrite selon laquelle ce troisième tome d’une trilogie peut se lire indépendamment des deux autres n’était pas mensongère. Certes, certains passages renvoient aux livres précédents dans des notes en bas de page mais l’incidence sur la compréhension de l’intrigue est vénielle.
Comme le laissait supposer la très belle illustration de couverture, l’auteur nous gratifie de très belles descriptions de paysages irlandais mais aussi, et on s’y attendait moins à la simple vision de l’image tendre et bucolique de ce puissant cheval sorti de la brume, ce roman a des aspects très sombres qui lui valent judicieusement sa place dans la Collection Noire de M+.
Le récit commence par ce caprice d’un comptable mafieux qui veut se placer sous la protection de la police et balancer ses compagnons de crime à condition de choisir son interlocutrice. Jusque là, rien de particulièrement original et les premiers chapitres m’ont fait craindre une longue confession pleine de flashbacks dans un style vu et revu.
Mais rapidement les affaires s’emballent dans la mesure où les complices mentionnés dans l’interrogatoire de Salvatore Bonato commencent à disparaître les uns après les autres et pas de mort naturelle.
Ce qui avait démarré assez posément s’enflamme rapidement et le rythme s’accélère avec cette question en fil rouge : pourquoi le criminel a-t-il choisi de se confesser à Ciara McMurphy et à personne d’autre ? Pure manipulation ? Lien de parenté ? L’auteur nous fait mariner inconfortablement avec cette interrogation récurrente.
J’ai particulièrement apprécié des expressions triviales en rapport avec la musique telles que (de mémoire incertaine) : un air de blues à faire pleurer un bélier ou un morceau de jazz capable d’endormir un junky en manque. Inishbofin ne manque pas de traits d’humour de cette trempe, on y écluse des litres et des litres de Guinness et ma seule petite déception au terme de cette lecture aura été d’avoir manqué les deux précédents tomes de La triade irlandaise.
L’auteur

Gérard Coquet est un romancier français.
Il devient expert-comptable stagiaire dans un cabinet de la région lyonnaise. L’envie de créer le pousse à reprendre l’entreprise familiale de location de linge, de la développer et de la vendre au bout de vingt ans.
Parallèlement, il exerce pendant onze ans les fonctions de juge auprès du tribunal de commerce de Lyon. Il termine son mandat par une garde à vue, une mise en examen et un non-lieu en correctionnelle.
Pendant toute cette période, il participe à la vie d’un groupe musical style folk, musique californienne, ballades irlandaise, country. De cette aventure, un recueil est paru en 2005, regroupant une petite partie du répertoire.
Gérard Coquet a été couronné lauréat du Prix Plume de Glace 2012 de Serre-Chevalier pour son roman « Malfront, les fantômes de la combe » et, au mois de septembre 2012, il a reçu le 1er Prix Centaure Noir de Noisy-le-Roi.
En 2022, il a publié avec Ian Manook le roman « Souviens-toi de Sarah », sous le pseudonyme collectif de Page Comann.
En dehors de l’écriture, il se passionne pour la sculpture (moulage) et la peinture.
Inishbofin, de Gérard Coquet est publié par les éditions M+.
Le livre broché de 336 pages est vendu 21, 90€.
Paru le 6 mars 2025.
