In violentia veritas

Cinquième et déjà avant-dernier livre sur les 6 que j’ai reçus parmi les 300 romans retenus par la FNAC pour le Prix du roman 2025, In violentia veritas, de Catherine Girard, est ma première déception.

Le résumé

Lorsqu’elle découvre à quatorze ans qu’on la surnomme « la fille de l’assassin », Catherine Girard interroge son père Henri Girard – plus connu sous son nom de plume, Georges Arnaud, auteur notamment du célèbre roman Le salaire de la peur. L’horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l’adolescente dans le déni. Un demi-siècle plus tard, dans un geste d’amour, elle se confronte à ce passé abyssal.

Le matin du 24 octobre 1941, au château d’Escoire, le père d’Henri Girard, sa tante et leur servante sont retrouvés morts, atrocement massacrés à la serpe. Seul survivant, Henri est inculpé, emprisonné dix-neuf mois dans l’un des cachots les plus insalubres de France et promis à la guillotine. Il est finalement acquitté.

L’énigme du triple assassinat d’Escoire, tant de fois revisitée, ne fut jamais élucidée.

In violentia veritas, magnifique récit littéraire d’investigation familiale, révèle de manière incontestable la vérité de cette histoire et marque la naissance d’une écrivaine.

Ce que j’en dis…

Le résumé est particulièrement alléchant et je m’attendais à me délecter d’un true crime familial particulièrement intéressant. Il n’en fut rien.

D’abord il y a la plume de Catherine Girard qui m’a déplu par son caractère pompeux et démonstratif : voyez comme j’écris bien…

Prisonnier consentant des rêves de son père, il lui a concocté ce héros d’encre et de papier, alter ego de substitution, commandable à distance, qui couvre ses failles tout en tenant la barre des attentes du pater. Comme jaillit la vie par les rejets d’un arbre mort, portés par les volutes de l’écriture, les mensonges de mon père s’ancrent dans l’esprit du sien et le mythe devient vrai. Georges gobe tout de cette histoire réécrite pour combler ses espoirs. Il reconnaît sa propre veine dans le récit de ses aventures. (p.163)

Donc il y a ça, ce style, qu’on peut aussi beaucoup aimer, naturellement, je ne donne que mon avis. Puis l’histoire. Elle est familiale, très bourgeoise, s’étale sur le vingtième siècle et ses deux guerres, tout le monde ne s’y reconnaitra pas.

L’intérêt, ou l’atout commercial s’il est permis de parler avec franchise, de ce livre, c’est son côté people sauf que. Si beaucoup de monde a vu Le salaire de la peur en 1953, la version de 2024 est un peu passée sous les radars, quant au livre de Georges Arnaud, paru en 1949, qui s’en souvient ? (Qui est en âge de s’en souvenir ?)

People donc, mais d’une autre époque.

Une histoire de violence domestique qui s’achève avec un parricide, racontée dans une succession d’allers et retours dans le temps, c’est tendance, mais au mépris le plus total de la fondamentale règle d’écriture romanesque show, don’t tell.

In violenta veritas raconte mais ne donne malheureusement rien à voir.

L’autrice

Successivement dresseuse d’éléphants à Mae Sai, navigatrice au Portugal, acheteuse de pierres précieuses en Birmanie, fleuriste à Rio, vendeuse de voitures de luxe au Japon, Catherine Girard signe ici son premier livre.

In violentia veritas, de Catherine Girard est publié par les éditions Grasset.
Le livre broché de 352 pages est vendu 22€.
Paru le 20 août 2025.

4 commentaires

    • Oui, j’explique pourquoi dans la vidéo embarquée, l’épisode 34 ( je crois) sur la chaîne Youtube éponyme.
      N’hésite pas à la regarder et à me donner ton avis en commentaire.

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