Le livre du mois : N’aie pas peur du faucheur, de Stephen Graham Jones

Il y a seulement 45 minutes on était encore en janvier et j’étais en train de lire N’aie pas peur du faucheur en m’imaginant que peut-être je l’aurai achevé et chroniqué avant minuit et que je publierai ma chronique mensuelle en collaboration avec la libraire 47°Nord dans les temps.

Je lisais sans regarder ni ma montre ni l’horloge du salon. Pas que je fasse preuve d’un self control particulier, je n’ai pas de montre et il n’y a pas d’horloge dans le salon. Mais je viens de finir ma lecture, j’ai lu tout le livre, jusqu’à la dernière page, les remerciements de façon toute aussi exhaustive que le reste du bouquin, et me calant devant mon pc, j’ai du me rendre à l’évidence: 0h45. On n’est plus en janvier. J’ai failli.

Le résumé

Quatre années se sont écoulées depuis que Jade, qui se fait désormais appeler Jennifer, a survécu au Massacre du Jour de l’Indépendance qui a dévasté sa ville natale de Proofrock, dans l’Idaho. Jennifer tente de tirer un trait sur son passé traumatique lorsque Dark Mill South, un légendaire tueur en série indigène, s’échappe de prison à la faveur d’une tempête de neige. Quand les cadavres éviscérés s’accumulent en ville, les réflexes de Jennifer et sa connaissance encyclopédique des slashers reprennent le dessus. Elle doit une fois de plus rallier ses amis et les autorités locales pour les sauver de leur condition de victime. Le seul problème, comprend-elle, c’est que « le tueur a vu les mêmes films que nous ».

Ce que j’en dis…

Quand j’ai reçu le livre, j’ignorais qu’il s’agissait du deuxième tome d’une trilogie. J’ai aimé la couverture, de la première à la quatrième. Noté que l’éditeur, Rivages et la collection de poche Rivages/Noir était celle-là même qui publiait quelques romans de Dennis Lehane qui figurent dans ma bibliothèque personnelle. Et avisé le sticker rouge et en forme de cible qui précise que l’ouvrage que j’ai entre les mains fait partie de la sélection RIVAGES des libraires 2025. J’étais certain de me régaler…

Et bien malheureusement non. Bien que je sois coutumier du fait de lire des trilogies dans le désordre, en ce qui concerne celle-ci je me contenterai du tiers central. J’ai lu le bouquin avec l’étrange impression de ne pas comprendre ce que j’était en train de lire. À chaque fin de chapitre j’ai fait l’effort de résumer ce que j’avais lu et de fait, je comprenais mais Stephen Graham Jones, ou bien la traduction de Carine Chichereau ne m’a transmis aucune émotion.

L’histoire s’y prête pourtant. Certes, c’est de la littérature de niche, horrifique, mettant en scène un tueur en série, bourré de références au pendant cinématographique du genre, évoquant des films d’horreur célèbres tels que Les Griffes de la nuit, Halloween, Chucky, Hellraiser ou Vendredi 13, pour ne citer que ceux-là que j’ai vus il y a fort longtemps, dans une autre vie, certes, mais qui m’avaient procuré une certaine satisfaction à l’époque.

Mais N’aie pas peur du Faucheur ne m’aura infligé aucune crainte, pas un frémissement, ni le moindre sursaut de dégoût en dépité de l’horreur de certaines scènes. Rien.

Je suis allé voir les avis sur Babelio, il y en a peu, la note globale est bonne (3.75) mais pour ma part, bien que cela ne m’arrive que très rarement, je ne vais pas pouvoir lui attribuer plus de deux étoiles, je le crains.

Comme l’eau qui glisse sur les plumes du canard sans le mouiller, ce bouquin ne m’aura jamais atteint. Mon âme de lecteur, déperlante, m’aura privé de ce plaisir.

L’auteur

Stephen Graham Jones est né en 1972 à Midland, Texas, et appartient à la tribu Pikunis (Blackfoot). Son œuvre, composée d’une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, s’inscrit dans le courant de la renaissance amérindienne. Après Un bon Indien est un Indien mort, il reçoit les prix Bram-Stoker et Shirley-Jackson pour la deuxième fois consécutive avec Mon cœur est une tronçonneuse. (Le premier volume de la trilogie Indian Lake, dont N’aie pas peur du faucheur est le deuxième volet.)

En bref

N’aie pas peur du faucheur, de Stephen Graham Jones est publié aux éditions Rivages.

Le livre de poche de 553 pages est vendu 11,50€.

Paru le 8 octobre 2025.

Vous pouvez vous le procurer à la librairie 47°Nord si vous êtes à Mulhouse ou aux environs.

(Je suis bien conscient qu’avec une telle chronique vous n’avez pas forcément envie de vous ruer dessus mais rassurez-vous, il y a plein d’autres titres super !)

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