Jusqu’à la corde, de Lionel Destremau

Aujourd’hui, jeudi 7 septembre 2023 sort en librairie ce roman magistral qui constitue à mes yeux une des plus belles découvertes de cette rentrée littéraire 2023.

Au fil des pages de Gueules d’ombre, le premier roman de Lionel Destremau, j’avais découvert un exceptionnel primo romancier, possédant une rare maîtrise de la construction narrative et une grande originalité sous ce rapport.

C’est donc avec un très grand intérêt et une certaine attente fiévreuse que j’ai découvert Jusqu’à la corde, son nouveau roman.

Le résumé

Lorsqu’on le trouve, l’enfant est à peine recouvert de quelques feuilles, un corps dissimulé à la va-vite dans la forêt. L’inspecteur Filem Perry est chargé de découvrir ce qui est arrivé à ce gosse que personne ne semble connaître ni rechercher. Pour seul indice, une petite boîte à musique trouvée au fond d’une poche. En cherchant à dénouer les fils de cette affaire, son enquête va le mener sur les traces de l’héritier sans talent d’un empire industriel, d’un déserteur de l’armée qui a trop goûté à la violence, d’une jeune fille candide tombée amoureuse du mauvais gars… A travers eux vont se dévoiler des secrets de famille, des amitiés troubles, des amours déchirantes et le destin exceptionnel d’Arkan Neria, ce patriarche qui trône dans l’ombre et qui, des champs de coton aux cabarets de Caréna, fut tour à tour jockey, docker, boxeur ou aviateur. toutes ces vies entremêlées deviendront autant de pièces dans le puzzle que Filem Perry devra reconstituer.

Avec cette fresque policière au puissant souffle romanesque, Lionel Destremau nous entraîne dans un univers littéraire à l’atmosphère saisissante, nous guidant d’un personnage à l’autre dans les ramifications troubles d’une intrigue mosaïque.

Ce que j’en dis…

Gros, très gros, que dis-je, énorme coup de coeur !

Avec ce deuxième roman, Lionel Destremau institue un style personnel très identifiable et d’une inattaquable efficacité.

L’histoire se déroule dans un pays inidentifiable, à une époque non dite, comme hors de l’espace et hors du temps, immédiatement universelle.

Le procédé complexe qui lui permet de mettre en œuvre cette magie littéraire comprend aussi ce choix si particulier des patronymes. Tant les noms des personnages que ceux des villes qu’ils traversent et où ils grandissent et se développent, s’aiment ou se déchirent, sont à la fois évocateurs et imprécis, à l’instar de Filem Perry et Arkan Neria, principaux protagonistes de cet excellent polar.

Pour autant, le style ne relève pas de la littérature de l’imaginaire car bien que les noms des lieux soient totalement fictifs, tout s’ancre dans une société qui évoque clairement la nôtre, un monde où règnent le racisme et la délinquance, la guerre et la misère sociale.

Chapitre après chapitre, Lionel Destremau alterne les personnages et les points de vue, le lecteur est parfois en avance sur les évènements, parfois en retard, cela crée un sentiment de brinquebalement parfois hypnotique très agréable.

Deux pas en avant, un pas en arrière, le lecteur change de cavalier dans cette danse parfaitement réglée et enivrante pour progresser dans le récit à un rythme idéal.

Difficile de ne pas encenser Lionel Destremau après la lecture de ce deuxième roman qui m’aura ébloui autant que le premier, convaincu encore davantage et au bout du compte définitivement conquis.

Jusqu’à la corde, de Lionel Destremau est édité par La Manufacture de livres.
Le livre broché de 365 pages est vendu 20,90€.
Paru le 7 septembre 2023.

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