Les prix littéraires sont nombreux et les passionnés du genre regrettaient peut-être qu’il n’existât pas un Prix du Roman d’Espionnage.
Réjouissez-vous ! Il existe désormais et il a connu sa première édition en 2023.
Le jury est composé de retraités un peu particuliers : ce sont des anciens des services spéciaux de la Défense Nationale. Des retraités de la DGSE et de la DRSD, notamment.
Autant dire que les intéressés sont bien placés pour se pencher sur les qualités d’un roman d’espionnage.
Le lauréat 2023 qui fait l’objet d’une coédition de La Manufacture de livres et des éditions Konfident est donc Pierre Olivier, auteur du livre Lorsque tous trahiront.

Le résumé
Février 1945. Autour de Sigmaringen, les collabos réfugiés en Allemagne déchantent. La situation militaire ne leur laisse plus guère d’espoir et l’on apprend la mort de Jacques Doriot, le chef de file des ultimes partisans français du régime nazi, tué lors du mitraillage de sa voiture par un avion non identifié.
La présence sur les lieux du drame d’un homme des services secrets allemands sème le doute sur cette disparition. Et si le « Grand Jacques » avait été victime d’un complot, liquidé par ses « amis » ?
Un jeune lieutenant, ancien du front de l’Est, mène l’enquête. Alors que les troupes alliées ont passé le Rhin, qu’approche l’heure de solder les comptes et que beaucoup à présent jouent double voire triple jeu, à qui peut-il encore se fier ?
Ce que j’en dis…
Le livre s’ouvre sur cet avertissement :
« Le personnage principal de ce livre est un ultra de la collaboration, un fasciste.
Les opinions exprimées par celui-ci dans ce roman sont les siennes, et non pas celles de l’auteur. »
Vous, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne cette entrée en matière m’a plutôt fait froid dans le dos.
Bon, je me suis quand même mis à la lecture avec l’idée que j’allais avoir un certain mal à m’attacher au personnage principal. Ce fut effectivement le cas mais étrangement cela n’a pas rendu la lecture pénible pour autant.
La narration est à la première personne et le type est donc un collabo, un français engagé aux côtés de l’Allemagne nazie. Pas le gendre idéal donc.
1945, c’est la fin de la guerre et elle est perdue pour les soldats du Reich. L’expérience a l’air plus pénible pour les collabos que pour les soldats allemands.
L’heure est venue de régler les derniers comptes avant de tenter de disparaitre.
D’abord découvrir qui a assassiné Doriot, puis le châtier.
Notre collabo va donc traquer des agents doubles, des collabos comme lui, des Français au service de l’Allemagne d’Hitler mais qui eux ont choisi de renseigner les forces alliées.
Pour qui aime les romans d’espionnage c’est la base, pour les autres c’est un tantinet compliqué. Mais je m’en suis sorti.
Oubliez OSS 117, James Bond et compagnie, ici le héros n’est pas sexy, pas attirant et s’il y a effectivement des scènes d’ébats amoureux, elles ne sont pas plus glamour que le reste.
Le récit est sec, désenchanté. Un parfum de trahison plane de manière omniprésente et il n’y a rien qui soulage de l’oppression permanente.
En toile de fond, la question des idéaux. Quel est le prix à payer si l’on veut les atteindre ? Et comment gérer la désillusion lorsqu’elle s’impose finalement comme la plus mordante des réalités. Lorsque tout s’effondre à quoi se raccrocher ?
Abandonne-t-on ses idées politiques, ses pensées, ou s’y accroche-t-on avec la force du désespoir?
Ou bien ne vaut-il pas mieux tout simplement vivre une existence modeste, dépolluée de toute velléité politique ?
Lorsque tous trahiront ne prétend pas offrir de réponse à ces questions mais il propose un éclairage particulier et sans concession sur une période sombre de l’Histoire, dans ses tréfonds les plus sordides, où s’agitèrent des hommes et des femmes ordinaires, devenant dans ces circonstances particulières des salauds ou des héros sans cesser de n’être que de simples mortels.
Lorsque tous trahiront, de Pierre Olivier est édité conjointement par La Manufacture de livres et Konfident.
Le livre broché de 204 pages est vendu 16,90€.
Paru le 12 octobre 2023.

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Bonne idée !
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ahaha 😅.
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[…] connaissais le Prix du roman d’espionnage pour en avoir lu un mais beaucoup plus récemment : Lorsque tous trahiront, de Pierre Olivier (La Manufacture de livres/ Konfident, […]
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