In memoriam, de Rose Penn

Depuis que j’ai découvert les éditions Cairn, et plus particulièrement la collection Du noir au sud, je ne cesse de me régaler.

Après La cuenta, de Frédéric Villar et La nuit tous les chats s’ennuient, de Philippe Georget, j’ai lu In memoriam, de Rose Penn, le prequel d’une trilogie que je n’ai pas lue.

Est-il bien raisonnable de lire un prequel avant une trilogie ?

Est-ce que finalement, ce n’est pas la meilleure chose à faire ?

Le résumé

Retiré sur l’extrême sud-ouest de la côte atlantique, dans la ville d’Hendaye, Edgar-Philippe de Lisle, ancien professeur d’université, mène une vie paisible qu’il consacre à ses travaux d’écriture. Mais la découverte, sur un chantier de la ville, d’ossements humains étrangement agencés accompagnés d’un très vieux manuscrit expliquant leur raison d’être, vient bouleverser sa routine.

Sollicité par un élu de la commune pour en étudier les pages, il se voit imposer non sans réticence la présence d’une singulière assistante. Ainsi, Catherine Steinberg, férue d’informatique, de séries policières et de criminologie, va-t-elle dépoussiérer l’univers du très casanier professeur.

C’est le début d’une enquête à laquelle le commissaire Thomas Vincenti et son équipière Elena Rodriguez, en charge du dossier, ne pourront qu’associer le duo atypique. Elle les conduira à s’intéresser au passé troble d’un étrange patient résidant depuis de longues années dans un service spécialisé du docteur Paul Kretschmer, psychiatre à l’hôpital marin.

In memoriam, sert d’amorce à la Trilogie du Phare, laquelle comprend Le phare des âmes perdues, Island project et Inax.

Ce que j’en dis…

Le premier chapitre présente un résident de l’hôpital hélio-marin d’Hendaye, en même temps qu’il présente également la structure en question. Or, ma propre maman, hendayaise d’adoption, a travaillé plus de vingt ans dans cet endroit avant de prendre une retraite bien méritée. Autant dire que ce premier chapitre m’est allé droit au cœur.

La suite du roman m’a plu tout autant. Bien que l’action se déroule à une époque contemporaine de la nôtre, le style est souvent gothique et parfois proche du victorien. On y convoque volontiers Lovecraft ou Conan Doyle et la plume de Rose Penn possède elle-même ce charme légèrement suranné des écrivains du passé.

L’intrigue que je ne dévoilerai évidemment pas, possède le charme du cold case et le suspense envoutant lié aux errances de certains personnages se situe aux limites toujours un peu floues qui séparent la maladie mentale de l’emprise occulte.

L’histoire se déroule sans longueur sur 400 pages alors que l’autrice donne à connaître de mieux en mieux les protagonistes, nombreux sans l’être trop, de cette enquête où Watson tient presque autant de place que Sherlock Holmes.

Il est évident que Rose Penn est une immense amatrice de romans policiers et qu’elle connaît ses classiques sur le bout des ongles.

N’ayant malheureusement pas encore lu la Trilogie du Phare, je ne suis pas en mesure de juger de l’apport de ce prequel quant à la courte série qu’il précède mais il me semble évident au regard de la qualité d’ In memoriam ( qui peut donc se lire indépendamment de sa suite) que l’autrice a concocté ici un bonus qui ne pourra que ravir les lecteurs de la trilogie puisque ce simple roman est déjà une perle en soi.

Une perle noire. Est-il besoin de le préciser ?

L’autrice

Née à Pau, Sophie Carrillo, alias Rose Penn est d’abord une spécialiste de Sherlock Holmes – même si elle avoue une préférence pour Watson. C’est sous cette étiquette qu’elle est invitée au festival du livre « Les Étonnants Voyageurs » de Saint-Malo en 2012.
Après avoir signé des études sur le sujet et des pastiches mettant en scène son personnage de prédilection, elle crée son quatuor d’enquêteurs iconoclastes qu’elle fait évoluer sur la côte basque où elle vit et enseigne depuis une vingtaine d’années.

In memoriam, de Rose Penn est publié par Cairn.
Le livre broché de 408 pages est vendu 13,50€.
Paru le 6 juin 2024.

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