
“Good teams become great ones when the members trust each other enough to surrender the Me for the We.” – Phil Jackson
Nous sommes en 1990, Aux États-Unis, Les Pistons de Détroit sont champions dans le plus grand championnat de basket-ball, la NBA, malgré la présence de celui qui va devenir l’icône de ce sport, Michael Jordan. L’Année suivante Phil Jackson, le légendaire coach des Bulls de Chicago révolutionnera le jeu et les mentalités créant une des plus grandes équipes de l’histoire de la NBA, et oui, car l’année suivante celui qui deviendra l’icône du jeu et de son sport, Michael Jordan et ses compères deviendront champions pour la première fois et gagnèrent six titres de championship dans l’ère 90s.
Nous sommes toujours en 90, au Japon cette fois, Suramu Danku (Slam Dunk) est prépublié dans l’iconique Weekly Shōnen Jump à partir d’octobre et jusqu’en juin 1996. Le manga de Takehiko Inoue deviendra un classique et il est toujours considéré comme un des meilleurs mangas publié jusqu’aujourd’hui.
Quel est le point commun entre les Bulls de Chicago de l’ère de Jordan et le manga Slam Dunk ?
Phil Jackson avait réussi à changer la philosophie d’un MJ, transformer des joueurs tel que Pippen et par-dessus tout lors de l’exercice 1995-1996 avait réussi un contrebalancé un certain Dennis Rodman. Inoue ne cachera jamais sa passion pour ce sport, sport qu’il exerça en tant que capitaine lors de ses années d’études. Comme tant de fans de basket de cette ère, cette génération de joueurs influencera fortement Inoue, dans la création de son manga et particulièrement l’équipe de Shohoku, l’équipe principale de son œuvre. Il influencera par la même occasion toute une génération de jeunes japonais dans la décennie 90 et engendrera la première vague de basket-ball pour le Japon.
Le succès du manga vient, de mon avis personnel, notamment du fait que le mangaka dépeint une image réaliste d’une jeunesse japonaise non toujours exempte de défauts, c’est un manga réaliste sur le basket et sur la jeunesse qui se tourne vers le sport comme école de vie plutôt que de sombrer dans la délinquance. Bien sûr, il aurait été impossible de condenser des milliers de pages d’histoire en deux heures, comme je ne peux condenser en un article toute la grandeur de cette œuvre ; Inoue a donc eu la bonne idée de cibler un évènement bien précis du manga, et de construire son film autour, en mêlant cet arc narratif avec un autre.

Hanamichi Sakuragi, protagoniste du manga, meilleur rebondeur comme un certain Dennis Rodman..
L’évènement que le mangaka a choisi est le match de référence de Shohoku contre l’équipe rivale de Sannoh, la plus forte du tournoi. Ce match référence, que l’on suit de bout en bout, sert de fil conducteur. On y revit les mêmes instants que dans le manga — de nombreuses mimiques, situations, répliques et scènes rappellent tellement les pages scénarisées et dessinées par l’auteur il y a trois décennies, impossible de ne pas sourire. Inoue osera aussi le choix de se tourner vers le drame familial du meneur de jeu Miyagi plutôt que Sakuragi le protagoniste principal du manga, pari réussi pour ma part, cela permet de voir de nouvelles choses non exploitées dans le manga ce qui donne un film riche et poignant à la hauteur de l’œuvre originale qui va au-delà de la dimension du basket.

La composition artistique de The First Slam Dunk est remarquable, avec un aspect visuel obtenu grâce à la 3DCG. Cette approche permise grâce à l’infographie tridimensionnelle a fourni des facilités de mises en scène pour Takehiko Inoue, tant en termes de déplacements à l’écran, de fluidité des gestes, d’effets de profondeur de champ ou de mouvements de caméra.
Le très beau générique d’introduction (ci-dessous) donne d’ailleurs une petite idée du nombre d’animateurs et d’artistes qu’il a fallu pour aboutir à ce résultat. D’autant que, The First Slam Dunk négocie bien l’emploi de la 3D pour qu’elle ne saute pas trop aux yeux. On a parfois l’impression de ressentir un tracé 2D artisanal, avec des traits et des couleurs à la main. Pour un peu, c’est comme si l’on assistait à la rencontre du meilleur des deux mondes, 2D et 3D, qui permet au film de se placer dans les meilleures compositions actuelles.

C’est un film qui s’adresse bien sûr à ceux qui ont connu, comme moi, l’œuvre originale, seul « défaut » apparent du film, ce qui a été remarqué par l’ami qui m’a accompagné, j’ai eu la chance de regarder le film en plein air près de mon ancien quartier avec mon meilleur ami, ce qui ajoute probablement une certaine nostalgie, mais je suis persuadé que le fait de revoir ces personnages et les voir aussi bien rendus/animés marche très bien à ceux qui connaissent l’œuvre, l’effet nostalgie est là.
The First Slam Dunk a été un retour en arrière bienvenu, aussi bien de mon expérience personnelle, ma jeunesse, le basket, ou Slam Dunk m’a assurément plongé dedans, je garde un souvenir précieux de mes succès et défaites de mes années basket en club, mais également aussi bien dans la vie pour sa philosophie, le sport a fait partie de mon intégration et de ma construction tout autant que Slam Dunk y a contribué.
Ce film est une très belle conclusion, poignante et nostalgique de ce qu’a été Slam Dunk, elle contribue à rendre encore plus beaux les effets positifs du sport, de l’art, de la littérature sur nos vies. Ce qui montre encore que le manga peut être de la littérature à part entière et non une simple bande dessinée japonaise.
À ne rater sans aucun prétexte…

Un article intéressant et bien écrit !
ca m’a donné envie de revoir
Merci Shngk✨
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