Plus personne pour aujourd’hui, de Fabien Maréchal

Il y a quelques semaines, je découvrais Fabien Maréchal sur la plateforme SimPlement avec L’Attendeur (de première classe) aux éditions Le Chant des Voyelles.

Comme j’ai beaucoup aimé son univers et que d’autres de ses publications étaient proposées sur SimPlement, j’ai également sollicité Plus personne pour aujourd’hui aux éditions Le Réalgar.

Le résumé

C’est comme une basse continue, une pensée lancinante qui occupe l’arrière-plan d’un quotidien brutalement privé de sens. Après l’accident, le narrateur rompt avec sa vie, s’exile à la campagne, à l’abri de toute agitation. C’est sans compter avec « Elle » et « Il », qui font irruption à la moindre incidence, convoquant les souvenirs, le fracas des questions, les si et les pourquoi : il faudrait « vivre avec, ce qui maintenant, en réalité, signifie vivre sans ». Mais sort-on vainqueur de l’assaut absurde du destin ?

« Voilà le genre d’endroit dont tu avais toujours rêvé, une sorte de retraite avant l’heure, un ermitage pas tout à fait décivilisé. Mais tu ne l’avais pas imaginé dans ces conditions-là. Seul.

Quand tu as dit au revoir à ta femme et à ton fils, avant qu’ils ne franchissent le premier contrôle de sécurité, tu ne savais pas. Tu ne pouvais pas savoir, bien entendu, même si l’on ressent toujours à ce moment précis un pincement au cœur. »

Ce que j’en dis…

Dans un style très différent de L’Attendeur (de première classe), Fabien Maréchal traite ici de la question du deuil dans un roman court et poignant.

Rédigé à la deuxième personne du singulier, ce qui reste rare en littérature, Plus personne pour aujourd’hui raconte la vie, ou la survie, sur le fil du rasoir, d’un homme qui a perdu sa femme et son fils dans un accident d’avion, qui donc a tout perdu. Il renonce aussi au reste, à son travail, à sa position sociale et va s’installer dans un village à la campagne où il ne connait personne d’autre que son chagrin et sa souffrance.

Ce roman traite du deuil, de l’absurdité du hasard mais aussi d’humanité et de résilience. La question est toujours douloureuse de savoir si la vie peut être poursuivie après la perte d’un enfant, un drame pour lequel il n’existe pas de mot. La réponse s’obtient par les faits : oui, des parents subissent ce coup du sort et trouvent la force de continuer.

Plus personne pour aujourd’hui n’est pas un guide de survie mais une possibilité parmi d’autres, servie par une langue simple et pudique, d’une grande authenticité, qui exhale un parfum de réalisme troublant.

Décidemment, Fabien Maréchal, à travers deux livres très différents l’un de l’autre, sait convaincre avec force non seulement de ses talents d’écrivain mais aussi de l’importance de la littérature pour faire face à la difficulté de l’existence.

L’auteur

Fabien Maréchal, 49 ans, journaliste, travaille pour l’édition française de National Geographic, habite à Gagny (Seine-Saint-Denis) et anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire.

Plus personne pour aujourd’hui, de Fabien Maréchal est publié aux éditions Le Réalgar.
Le livre broché de 75 pages est vendu 11€.
Paru le 24 mars 2022.

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