Les Terres animales, de Laurent Petitmangin

Décidément, la rentrée littéraire 2023 nous propose de belles petites pépites.

Encore une fois, c’est La Manufacture de livres qui m’a provoqué un bonheur de lecture tout en douceur malgré une toile de fond totalement dramatique.

Le résumé

Il y avait de petites villes avec leurs églises, quelques commerces, des champs, et au loin, la centrale. C’était un coin paisible entouré de montagnes et de forêts. Jusqu’à l’accident. Il a fallu évacuer, condamner la zone, fuir les radiations. Certains ont choisi de rester malgré tout. Trop de souvenirs les attachaient en ces lieux, ils n’auraient pas vraiment trouvé leur place ailleurs. Marc, Alessandro, Lorna, Sarah et Fred sont de ceux-là. Leur amitié leur permet de tenir bon, de se faire les témoins inutiles de ce désert humain à l’herbe grasse et à la terre empoisonnée. Rien de devait les faire fléchir, les séparer. Il suffit pourtant d’un étincelle pour que reniasse la soif d’un avenir différent : un enfant bientôt sera parmi eux.

Laurent Petitmangin, toujours aussi bouleversant d’humanité, nous raconte les souvenirs indélébiles, les instincts irrépressibles et la vie qui toujours impose sa loi au coeur de ces terres rendues au règne animal.

Ce que j’en dis …

Je suis toujours admiratif lorsqu’avec une certaine économie de mots un auteur est capable de transmettre une multitude de sentiments.

Laurent Petitmangin possède le don de la juste formulation, y compris dans les constructions les plus courtes – ce qui ne l’empêche pas de faire des phrases de longueur tout à fait commune, que le lecteur se rassure.

Simplement, il n’a pas besoin d’en faire des tonnes.

La légende ne précise pas s’il s’agit d’un don céleste ou d’un travail de relecture et de correction acharné, laissons ses secrets à l’auteur.

Par ailleurs, Les Terres animales ne constituent pas un monolithe littéraire mais un maelström de sentiments.

L’accident nucléaire qui a amené les gens raisonnables à fuir la zone a aussi bouleversé les repères de ceux qui sont restés, leur a communiqué un autre rapport au temps, un autre rapport à leurs proches, lesquels ne sont pas si nombreux.

Ce nouvel équilibre apparait au fil des pages au lecteur médusé qui a le sentiment de découvrir une nouvelle humanité, meilleure ou pas mais d’un genre inédit dans sa simple relation à l’existence.

Une vie plus simple, des rapports humains plus tolérants, des attentes modestes quant à l’avenir et à ce que la vie propose…

Doit-on attendre le prochain Fukushima pour vivre en accord avec des idéaux débarrassés de la toxicité du monde moderne ?

L’avenir nous le dira, le présent est d’ailleurs déjà éloquent.

Heureusement la littérature nous fait du bien hier, aujourd’hui et demain.

Quelques mots sur l’auteur

Laurent Petitmangin est né en 1965 en Lorraine au sein d’une famille de cheminots. Il passe ses vingt premières années à Metz, puis quitte sa ville natale pour poursuivre des études supérieures à Lyon. Il entre chez Air France, société pour laquelle il travaille encore aujourd’hui. Grand lecteur, il écrit depuis une dizaine d’années. Son premier roman, Ce qu’il faut de nuit, a été lauréat de plus de 25 prix littéraires, dont le Prix Femina des lycéens. Après Ainsi Berlin, Les Terres animales est son troisième roman.

Les Terres animales, de Laurent Petitmangin est édité par La Manufacture de livres.
Le livre broché de 224 pages est vendu 18,90€.
Date de parution prévue : le 24 août 2023.

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