Il y a des auteurs qu’on aime particulièrement sur cequejendis.fr et il se trouve que Victor Guilbert en fait partie.
Ainsi, alors que Douve attend dans ma PAL que j’achève ma lecture à reculons de la trilogie Hugo Boloren, Francine va poster demain La trahison de Sunset Park (Flammarion, 2025) et je viens aujourd’hui vous parler de son dernier roman chez ce même éditeur : Les diables de Beausanges.

La quatrième de couv’
« Allongée entre les branches, à quatre mètres du sol, les bras en croix, le visage tourné vers le ciel, Ashley d’Ambricourt ne profite pas des étoiles. Voilà près de trois semaines qu’il n’y en a plus, que Beausanges a disparu sous les nuages, que la ville subit une chaleur sans soleil, une humidité sans pluie, une invasion de grenouilles tombées de ce ciel noir et mauvais.
Et même si les nuages s’étaient écartés pour laisser entrevoir la voûte céleste constellée de ses jolis points dorés, Ashley d’Ambricourt n’en aurait pas profité davantage parce qu’un sac en plastique lui recouvre la tête et qu’elle est morte depuis plusieurs jours. »
Ce que j’en dis…
Je me suis régalé à retrouver tout ce qui me plait chez l’auteur : des phrases qui claquent comme des punchlines, des personnages vraiment barrés mais extrêmement bien amenés, une ambiance travaillée aux petits oignons et des animaux qui prennent autant de place que les personnages secondaires sinon parfois davantage.
On démarre avec un quidam qui souhaite réussir le crime parfait. Rien de nouveau sauf que le type est à la fois un bon père de famille et aussi un grand bargeot. Il commet son meurtre en Chine, revient en France et s’installe à Beausanges où il n’est pas inquiété. Le crime parfait ?
Dans ce petit village français la météo est déréglée. C’est un domaine dans lequel Victor Guilbert est passé maitre : il installe une ambiance météorologique comme personne, pas forcément plausible, à l’instar de l’invasion de grenouilles quasi biblique dont le village fait les frais, mais totalement réaliste. Il fait chaud à Beausanges, il y a donc des grenouilles partout et on y découvre un jour le cadavre d’Ashley, dans un arbre, mise à mort exactement de la même façon que la victime chinoise. A-t-on affaire à un serial killer ? Est-ce un copy cat ? Ou quelque chose d’encore plus dingue ?
Le duo d’enquêteurs chargé de l’affaire est constitué d’un cancéreux en phase terminale qui cache sa maladie et d’une femme flic qui souffre d’une endométriose carabinée. Comme la météo, la souffrance liée à la maladie est dépeinte avec une précision féroce et implacable qui suscite à la fois le rire et l’empathie.
S’ajoute à ces deux enquêteurs un représentant des services secrets qui officie … en secret, accompagné de son lévrier à deux pattes, Simon, duquel s’est épris un crapaud prénommé Garfunkel pour l’occasion.

On nage en plein délire mais le tout est si bien ficelé que ça tient quand même sérieusement la route, on avance dans l’enquête avec des rebondissements comme on aime et un final à la Columbo où le coupable est confondu et où le lecteur est plus surpris qu’il ne l’aurait supposé.
Même si Les diables de Beausanges est un one shot indépendant de la trilogie Hugo Bolloren, les lecteurs attentifs sauront y déceler un clin d’œil savoureux adressé au privé zythologue.
Les amateurs de Victor Guilbert vont se régaler, et ceux qui découvriront l’auteur avec Les diables de Beausanges seront probablement surpris à la lecture de ce roman policier vraiment pas comme les autres. Quant à moi, j’en redemande !
L’auteur

Crédit photo : Alain Schroeder/REA
Victor Guilbert fait ses premiers pas dans le monde de l’écriture grâce au théâtre. Douve (Hugo Thriller, 2021) est son premier polar. Il remporte le prix Le point du polar européen 2022 pour son roman Terra Nullius (Hugo Thriller, 2022), achève sa trilogie avec Brouillards (Hugo Thriller, 2023) et poursuit son incursion dans le genre avec La trahison de Sunset Park (Flammarion, 2025).
En bref
Les diables de Beausanges, de Victor Guilbert, est publié par les éditions Flammarion.
Le livre broché de 441 pages est vendu 22 €.
Paru le 8 avril 2026.
