Noé, de Rayane Lalichi

Rayane Lalichi, jeune auteur que j’ai découvert récemment à travers la lecture de son premier roman, Adam, réitère avec un deuxième ouvrage et passe de l’autoédition à l’édition numérique à compte d’éditeur (Éditions Polar passion) avec un livre qui vient s’inscrire dans la droite lignée du premier : Noé.

Le résumé

L’histoire, plein de bruit et de fureur, est contée par un internaute. Au grand jour, Noé vit avec son père, agriculteur qui peine à faire vivre sa ferme laitière. Entre révoltes paysannes, sécheresse et dettes, tout rend leur condition plus dure qu’elle ne devrait être. À la nuit tombée, Noé vit avec son temps. Ses gestes deviennent clics, ses paroles commentaires. Silencieux à la campagne, il se répand sur la toile, invisible à la lumière, il brille dans le Darknet. Noé dans le réel, Jesuis315 dans le virtuel. Mais la frontière entre les deux se brouille quand des événements étranges viennent perturber son quotidien, si bien que le jour et la nuit semblent se confondre. Avec eux, le vrai et le faux, l’horizon et l’écran, le naturel et le paranormal. Son chemin le révélera, car Noé, est. Beaucoup plus qu’il ne sait.

Ce que j’en dis…

Voilà donc un jeune auteur en plein essor. Peu de temps après la lecture de son premier roman, Adam je suis en train de rédiger la chronique de son deuxième, Noé. Illusion de chronologie puisqu’entre les deux un peu moins de trois ans se sont écoulés.

Rayane Lalichi poursuit son évolution puisqu’il passe des Éditions Baudelaire qui travaillent à compte d’auteur aux Éditions Polar passion, une maison, certes jeune et encore confidentielle, qui a une vingtaine de titres au catalogue mais qui travaille à compte d’éditeur et pour un auteur c’est déjà une belle avancée.

Le genre est le même que dans l’ouvrage précédant : une littérature accessible, moderne, teintée de surnaturel ou de détresse psychiatrique en fonction de la sensibilité du lecteur. Je suis clairement dans la team schizophrénie !

Après un Adam psychotique qui évoluait dans une cité de banlieue, vivant seul avec sa mère, Noé est également différent sur le plan mental, mais il vit seul avec son père cette fois-ci et à la campagne de surcroit puisqu’il est fils d’agriculteur. Toutefois la trame est assez semblable puisque l’auteur traite des difficultés familiales et des souffrances sociales. Plus les gilets jaunes mais le monde paysan.

C’est donc une forme d’exploration de la souffrance et du mal-être dans laquelle Rayane Lalichi nous invite, à la fois intime et personnelle lorsqu’il aborde le domaine de la maladie mentale et de la famille dysfonctionnelle mais aussi plus universelle en choisissant d’ancrer son histoire dans un monde paysan dont on connait la lente agonie qui semble avancer inexorablement.

À cela s’ajoute une certaine vision des réseaux sociaux, pas du Darknet comme le laisse entendre le résumé, mais de l’hyper accessible Internet et des dérives morales présentes sur les forums et dans les autres commentaires sous anonymat. Rayane Lalichi est indéniablement conscient de son époque et montre du doigt sans prétendre offrir de solution. Voilà qui a le mérite de l’honnêteté.

L’auteur

Rayane Lalichi est un jeune auteur dont Polar passion édite le deuxième ouvrage, Noé. Le premier, Adam, a été publié aux Éditions Baudelaire. Noé est un roman à la limite du fantastique. Les codes linguistiques spécifiques à une frange jeune ont été volontairement préservés. C’est donc le Verbe d’une population, restitué dans son contexte et son authenticité.

« Au commencement était le verbe » début de l’évangile de Saint-Jean.

En bref

Noé, de Rayane Lalichi, est publié par les Éditions Polar passion.

Le livre broché de 308 pages est vendu 17,99 €.

Paru le 12 décembre 2025.

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