J’ai découvert Joannic Royer Bellais récemment avec la lecture de Titania (M+, 2025) un roman à la croisée du thriller et de l’espionnage, et voici que l’auteur signe à présent aux éditions Fleuve un roman de littérature générale tendance feel good : Une place à soi. Un grand écart littéraire, déjà !

Le résumé
Père au foyer au bord de la crise de nerfs, Frédéric part à Londres sur un coup de tête. S’il veut revoir cet ami qu’il a laissé tomber trente ans plus tôt sur le quai du ferry, c’est maintenant ou jamais.
Il a toujours un peu manqué de courage, il le sait. Alors quand tout semble s’opposer à son projet, cette fois, il refuse de renoncer, quitte à accepter la proposition insolite d’un inconnu : convoyer une Ford Mustang 1965 jusqu’à Londres. Mais la belle américaine ne lui a pas été confiée seule. À bord, deux enfants syriens, Selim, 17 ans, et sa sœur Lamia, 9 ans, cherchent eux aussi à atteindre l’Angleterre. Pour eux, c’est la promesse d’une terre d’asile et la fin de l’errance.
Leur présence bouleverse les plans de Frédéric. Pourtant, guidé par l’instinct paternel, il n’a qu’une certitude : il ne peut pas les abandonner.
Ce que j’en dis…
Joannic Royer Bellais m’avait totalement convaincu de son talent avec Titania et c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai abordé Une place à soi avec cette question à l’esprit : comment peut-on passer d’une histoire d’espionnage à suspens à un road-trip feel good sans se planter ?
La réponse tient dans cette capacité que possède l’auteur à comprendre parfaitement les codes qui régissent un genre littéraire et à les appliquer à son histoire sans faillir. Ainsi, Une place à soi possède tous les ressorts classiques et efficaces du feel good : des personnages attachants, un héros pas si héroïque que ça, un voyage plein de rencontres et de péripéties, et un enjeu moral important. Tous les ingrédients pour faire un bon roman sont réunis et le résultat ne déçoit pas une seule seconde, c’est une totale réussite.
Comme un bon cuisinier qui sait préparer aussi bien un plat mijoté qu’un succulent dessert, Joannic Royer Bellais passe de l’espionnage à la littérature générale pleine de bons sentiments sans rougir et apparemment sans difficulté.
En plus du thème central qui tourne autour de la condition des mineurs isolés, j’ai beaucoup apprécié les autres enjeux tels que la paternité au sein d’une famille recomposée, la situation d’homme au foyer, la différence d’orientation politique au sein du couple, et d’autres sujets délicatement abordés, sans dogmatisme, mais avec beaucoup de sensibilité.
En plus de m’avoir fait passer encore une fois un très agréable moment de lecture avec Une place à soi, Joannic Royer Bellais m’a convaincu qu’il pouvait écrire dans des styles très différents. Même si son prochain roman est un ouvrage de science-fiction je m’y plongerai sans hésiter !
L’auteur

Joannic Royer Bellais vit à Paris. Une place à soi est son premier roman de littérature générale, distingué par le Prix des étoiles de Librinova, catégorie émotions.
En bref
Une place à soi, de Joannic Royer Bellais, est publié par les éditions Fleuve.
Le livre broché de 240 pages est vendu 19,95 €.
Paru le 12 mars 2026.
