Fugue en sous-sol, de Franck Membribe

Encore une nouvelle découverte grâce au site SimPlement. Je ne sais plus si c’est moi qui ai sollicité l’auteur ou si c’est lui qui m’a invité à lire son livre mais le résultat est le même et je pense vraiment que tant les auteurs que les chroniqueurs apprécient l’existence et l’activité de ce site qui met en relation auteurs auto édités ou petits éditeurs et chroniqueurs. Maintenant que cette longue phrase est achevée et qu’on a repris notre souffle on peut passer à la suite.

Le résumé

Edwin se meurt d’ennui devant ses statistiques. Un matin, il croit s’échapper sur les toits de la ville par la fenêtre de son bureau. Il échoue dans un immeuble peuplé d’habitants désaxés vivant en vase clos. Ses tentatives de retour à l’air libre échouant dans des circonstances troubles, il s’y installe malgré lui. Cette séquestration le contraint à un bilan du milieu de la vie.

Ce que j’en dis…

Fugue en sous-sol est un court roman qu’on peut sans exagérer qualifier de novella.

Son originalité peut décontenancer certains lecteurs (dont ma chère épouse qui a renoncé à le lire dans une salle d’attente bondée dans laquelle nous sommes pourtant restés des heures) mais piquer la curiosité de certains autres dont je suis du lot.

La plume est inattendue sans être toutefois follement extravagante et le lecteur sera parfois tenté de qualifier le récit de surréaliste ou plus facilement d’onirique.

En effet, il est difficile de comprendre comment Edwin se retrouve enfermé dans cet immeuble où règne un chaos total. J’étais tenté d’écrire que le premier chapitre ne pose pas vraiment les bases mais je réalise que le récit n’est même pas découpé en chapitres.

L’histoire est constituée d’une succession de rencontres avec les personnages du lieu, parfois récurrentes telles celles avec cette petite fille négligée par son influenceuse de maman, qui se cherche un papa et qui jette son dévolu affectif sur Edwin. Les autres personnages sont une prostituée, un chasseur et d’autres peut-être. Edwin devient concierge malgré lui, tente de joindre un ami à l’extérieur par un mail expédié depuis l’ordinateur de l’influenceuse mais l’ami croit à un canular et l’abandonne à son triste sort.

La fin est plutôt attendue, on imagine mal comment justifier l’étrangeté du récit autrement que par ce genre de subterfuge facile.

Fugue en sous-sol, bien qu’il ne m’ait guère enthousiasmé n’en est pas déplaisant pour autant mais il me semble évident que le sens du récit est plus apparent à Franck Membribe lui-même qu’à ses lecteurs. Toutefois, je ne rejette pas l’idée de piocher à l’avenir dans la vaste bibliographie de l’auteur pour me faire une idée plus précise de ses qualités d’écriture et de narration.

L’auteur

Méditerranéen mâtiné d’Helvète germanique, Franck Membribe a posé ses guêtres entre Aix-en-Provence et Marseille depuis quatre-vingt-treize. Tour à tour juriste, comptable public, syndicaliste, militant écologiste, musicien, romancier et nouvelliste, il s’adonne à l’éclectisme avec voracité. Ne croyant pas à l’éternité, pour lui c’est toujours ici, et maintenant !

En bref

Fugue en sous-sol, de Franck Membribe, est co-édité par Horsain et Ska Éditions.

Le livre broché de 200 pages est vendu 12 €.

Paru le 15 janvier 2026.

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