La Fin de la récré

Est-ce que quand on est chroniqueur on achète encore des livres ?

Oui, et le plus souvent on ne les lit pas parce qu’on n’a pas le temps !

Mais parfois on les achète avec la réelle intention de les lire.

C’est ce qu’on peut dire à propos de La Fin de la récré de Luc Chomarat : non seulement je l’ai acheté mais en plus je l’ai lu. Par ailleurs je l’ai aussi aimé.

Le résumé

« Ce qu’on avait pris pour un âge d’or, c’était juste ce moment où tout était possible dans nos vies, on était jeunes on était avec des jolies filles on conduisait des vieilles bagnoles on partait en vacances au bord de la mer et on allait devenir riches et célèbres et plein d’autres choses agréables. »

À Saint-Étienne, le fils du professeur a grandi et découvre à présent les désirs, les rêves et les tourments de la vie adulte. Il y a les discussions sans fin au café, le dernier album des Ramones déniché chez le disquaire, la menace du service militaire, les films avec De Niro et bien sûr les filles. Enfin, une en particulier. Avec Aurore, c’est la douleur des premiers chagrins, la découverte de la sexualité et les balbutiements de la vie commune, comme une grande répétition générale, intense et maladroite, de ce que serait le monde adulte. Mais tout âge d’or se termine un jour… pour laisser place à ce qu’on appelle, peut-être, la vie.

Entre humour et mélancolie, Luc Chomarat nous émerveille en ravivant un souvenir aussi intime qu’universel : celui du passage à l’âge adulte.

Ce que j’en dis…

Certes, le résumé donne vraiment envie. Mais même sans cela, j’aurais lu ce bouquin tout simplement parce que j’ai énormément aimé les précédents de Luc Chomarat qui formait une trilogie (lue dans le désordre comme à mon habitude) que je vous liste ici dans l’ordre (parce que fondamentalement je suis quand même ordonné):

En faisant ce petit travail de recherche et de relecture des articles consacré à la trilogie Delafeuille, je viens de me rendre compte que je l’ai lu dans un désordre encore plus grand que j’e ne l’avais imaginé. Et bien malgré tout, j’avais kiffé comme un fou cet auteur délirant, expert du méta roman.

La Fin de la récré ne possède aucun rapport avec la trilogie en question et il ne s’agit pas d’un méta roman mais d’un one shot tout a fait classique qu’on pourrait sagement étiqueter de la mention littérature générale. Cela n’enlève rien à ses qualités.

L’auteur offre sans doute au lecteur un roman plus intime, plus introspectif aussi, peut-être, alors qu’aucun personnage ici ne s’appelle Luc Chomarat. Paradoxe, quand tu nous tient… En parlant de paradoxe justement, j’ai beaucoup aimé ce garçon, personnage principal dont j’ai oublié le prénom qui possède un QI de 150 mais est incapable de considérer l’évidence. : sa copine Monique est une junkie mais la choses lui a échappé, ainsi que l’homosexualité de son pote Fabien.

Ce roman est moins drôle bien que nullement dépourvu d’humour. Pour preuve cette scène lunaire ou il rencontre pour la première fois les parents bourgeois d’Aurore et que, saoul, il déblatère sans plus prêter du tout attention à son auditoire alors qu’Aurore raconte à sa mère leur vie sexuelle à seule fin de provoquer l’ire de ses géniteurs.

La fin de la récré est moins décalé, moins fou, plus ancré dans le réel, plein de mélancolie, de cet étrange mal-être des premières années de la vie d’adulte lié aux innombrables questionnements auxquels on fait face à ce moment de l’existence.

À la fois intime et universel, la formule est bien trouvée et absolument exacte. Plus encore pour celui ou celle qui, comme l’auteur, est né(e) dans les années 60 ou au début des années 70.

Des choses très drôle donc, très légères aussi mais qui perdent de leur légèreté au fil des pages, au fil du temps. La vie de couple, le manque d’argent, la maladie. On est toujours dans ce qui fait la singularité de la vie du personnage principal mais aussi dans ce qui nous touche tous : comment faire face à ce qu’on n’a pas vu venir ? Comment faire face quand on en n’a pas envie? Comment ne plus fuir ?

C’est peut-être cela devenir adulte : cesser de fuir. Accepter l’irrémédiabilité des choses.

L’auteur

Luc Chomarat a publié à 22 ans son premier roman qui lui a valu de figurer sur la liste du Magazine littéraire des auteurs les plus prometteurs. Également traducteur de Jim Thompson, il s’illustre d’abord dans la littérature noire et reçoit le Grand Prix de littérature policière pour son roman Un trou dans la toile en 2016 (Rivages).Il est également l’auteur d’essais pour le moins atypiques comme Les Dix meilleurs films de tous les temps chez Marest. Il a publié quatre romans à La Manufacture de livres dont L’Espion qui venait du livre et Le Dernier Thriller norvégien qui mettaient en scène l’éditeur Delafeuille.

En bref

La Fin de la récré, de Luc Chomarat, est publié par les éditions La Manufacture de livres.

Le livre broché de 352 pages est vendu 20,90 €.

Paru le 2 avril 2026.

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