Je sais pas, de Barbara Abel

Je sais pas, c’est un roman et c’est aussi une mini série télévisée disponible sur France TV. C’est la deuxième fois que je participe à une rencontre organisée par Babelio autour de ce modèle d’adaptation sur le petit écran. La première fois c’était pour Désenchantées de Marie Vareille.

Cette fois-ci c’était pour Je sais pas, de Barbara Abel.

Le résumé

C’est le grand jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons : un avant-goût de vacances. Tout se déroule pour le mieux jusqu’au moment du retour, quand une enfant manque à l’appel. Emma, cinq ans, a disparu. C’est l’affolement général. Que s’est-il passé dans la forêt ? À cinq ans, on est innocent. Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?

Ce que j’en dis…

Je n’ai pas de télévision aussi ai-je regardé la série sur Francetv.fr. J’ai d’abord suivi les quatre épisodes de la mini-série avant de lire le roman. J’ai préféré le livre mais paradoxalement je me souviens mieux de l’œuvre audiovisuelle. C’est un fait que les images favorisent la mémorisation… Pourtant c’est du roman dont je vais m’efforcer de parler maintenant.

Une famille simple : papa, maman et Emma. Une sortie scolaire qui dérape : Emma disparait, sa maîtresse part à sa recherche ; Emma est retrouvée mais pas la maîtresse. Pourtant la petite a le foulard de l’enseignante noué autour du bras (ou de la jambe, peu importe) mais lorsqu’on demande à Emma comment le foulard est arrivé jusqu’à elle, la réponse est terrible : Je sais pas.

Avant cela, le premier chapitre du livre nous raconte cette scène : la maman d’Emma embrasse son amant sur le perron de leur logement, la petite voit la scène depuis les escaliers. Donc, il y a forcément un lien entre cette première scène et la disparition de la maîtresse d’école.

Puisque j’avais déjà vu la série, je connaissais déjà ce lien mais dans l’idée que certains parmi vous n’aimeraient pas que je spoile le truc je vais le taire.

La série ne traite pas le sujet de la même façon que le roman, il n’y a pas forcément les mêmes personnages secondaires, les lieux sont différents ainsi que les professions des parents, les prénoms, des détails. Mais surtout, et c’est ce qui m’a surpris le plus, certainement, ce roman n’a rien de cinématographique. Barbara Abel joue plutôt sur la psychologie des personnages, le suspens et la tension narrative que sur des aspects visuels. D’où cette question que je lui ai posée durant la rencontre : « Comment expliquer qu’une équipe de production décide de faire une adaptation télévisée d’un roman qui n’a rien de cinématographique?« 

J’ai bien aimé sa réponse que je résume ici en peu de mots : Barbara Abel est romancière mais aussi scénariste. Elle explique que lorsqu’une œuvre littéraire est déjà écrite comme un scénario, aucun scénariste ne sera excité à l’idée de l’adapter puisque tout est déjà fait. Au contraire, si le roman ne contient pas de ressorts visuels, il y a du travail à faire, un travail de création et réellement d’adaptation et c’est cela qui donne envie.

Au final il en ressort deux œuvres différentes mais également réussies et intéressantes qui traitent de la famille, de l’infidélité conjugale, de la communication parents/enfants et des conséquences néfastes des actes des uns sur la vie des autres.

L’autrice

crédit photo : Laurent Tartavel

Barbara Abel vit à Bruxelles, en Belgique, où elle se consacre à l’écriture. Après deux romans primés ou sélectionnés, lauréat du Prix Cognac pour L’Instinct maternel (Éditions du Masque, 2002) et sélection pour le Prix du Roman d’aventures avec Un bel âge pour mourir (Éditions du Masque, 2023), elle voit son œuvre adaptée au cinéma et à la télévision en Europe et aux États-Unis.

Elle a écrit une trentaine de romans à ce jour avec plusieurs maisons d’édition et obtenus de nombreux prix littéraires. Tous ses titres sont repris en poche chez Pocket.

En bref

Je sais pas, de Barbara Abel, est publié par Belfond.

Le livre broché de 432 pages est vendu 22 €.

Existe aussi au format poche chez Pocket à 9 €.

Paru le 6 octobre 2016.

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