Il y a dans la littérature de l’Imaginaire des auteurs, ou des autrices, capables de créer des univers à la fois uniques et inoubliables. Parmi eux, certains se situent vraiment au-dessus du lot. C’est le cas de C.S.E. Cooney.

Le résumé
Elliot Howell est une étoile montante dans le milieu artistique de Seafall. Il mène une carrière prometteuse en tant que portraitiste, a de bons amis et une mécène fabuleusement riche.
La reine Nyx règne sur le Valwode, un pays magique situé entre le monde des mortels et Bana l’Os, le royaume où vivent les kobolds. Elle est puissante, belle et d’une sagesse inimaginable, mais elle n’a pas d’héritier pour porter la couronne des Bois lorsqu’elle ne sera plus là.
Elliot et Nyx se rencontrent aux Brisants, un manoir ancré dans les trois mondes. Pour Elliot, c’est le coup de foudre. Pour Nyx aussi, seulement cela signifierait renoncer à sa couronne, à son pays et à sa vie éternelle…
Mais certaines choses valent n’importe quel prix.
Ce que j’en dis…
La romantasy est un nouveau sous-genre particulièrement prisé, mêlant plus ou moins habilement la romance et la fantasy. Au moment de composer cette chronique je ne peux m’empêcher de penser avec une pointe de déception que La Reine des Brisants pourrait s’inscrire dans la catégorie romantasy.
Pourquoi une pointe de déception ? Parce que je m’en veux presque d’avoir opéré en mon esprit un raccourci intellectuel aussi réducteur et appauvrissant que celui-ci. Bien évidemment, ce court roman est bien plus que cela.
Bien qu’il puisse se lire indépendamment de cet autre titre, de l’autrice, La Reine des Brisants se situe dans le même univers merveilleux que Desdemona (Argyll, 2026). En est-ce la suite ? Non, pas vraiment. Ceci dit, si vous avez lu et apprécié le premier, vous allez probablement vous régaler du second. D’ailleurs, la parution à quelques mois d’intervalle est un beau cadeau fait aux lecteurs.
J’ai trouvé La Reine des Brisants beaucoup plus accessible que Desdemona. On y retrouve avec délectation les personnages attachants bien que plus ou moins sympathiques que sont Desdemona Mannering et Chaz, figures emblématiques de Seafall City, mais ils sont davantage en périphérie de l’œuvre alors que l’intrigue se concentre sur Elliot Howel, peintre bourré de talent et de charme, et sur Nyx, Reine du Valwode, immortelle et redoutable mais qui ne se sent pas capable de résister aux attrait de l’artiste.
L’histoire est donc moins complexe dans ce volume (plus court d’ailleurs que le précédent) mais non moins intéressante, et elle constitue même un moyen d’appréhender plus aisément les univers richissimes liés aux trois mondes, Bana l’Os étant cette fois-ci à peine abordé.
La plume est toujours aussi chatoyante et les enjeux moraux précis. La quête et la conservation du pouvoir ou le renoncement à celui-ci au nom de la valeur supérieure de l’Amour constituant la trame morale de cette novella.
Les amateurs de romantasy y trouveront les ingrédients de choix que sont la séduction, la rivalité et une touche de sensualité. Les lecteurs de littérature de l’imaginaire d’une façon plus générique savoureront l’originalité de C.S.E. Cooney et ceux qui connaissaient déjà l’autrice se régaleront à coup sûr !
L’autrice

Claire Suzanne Elisabeth Cooney est une écrivaine américaine œuvrant dans les littératures de l’Imaginaire. Élève de l’immense Gene Wolfe, elle a remporté deux fois le World Fantasy Award.
La Reine des Brisants est finaliste des prix Locus et World Fantasy.
En bref
La Reine des Brisants, de C.S.E. Cooney, est publié par les éditions Argyll.
Traduit de l’anglais (USA) par Anne-Sylvie Homassel.
Le livre broché de 170 pages est vendu 14,90 €.
Date de parution : le 4 septembre 2026.
