Charleston est une maison d’édition que je vois souvent passer sur les réseaux mais que je lis peu parce qu’elle évoque à mes yeux un genre littéraire qui ne m’intéresse guère, à savoir la romance.
Pourtant il m’arrive d’avoir des fulgurances comme ce fut le cas avec Pachinko de Min Jin Lee (Charleston 2021). Bien que Terre brisée soit très différent, mon ressenti est un peu du même ordre. Et, point commun, la couverture m’a immédiatement attiré.

Le résumé
1968, Dorset.
« Le fermier est mort, il est mort et tout ce qui intéresse les gens est de savoir qui l’a tué. »
Au village tout le monde le prédisait, le retour de Gabriel Wolfe n’apporterait rien de bon. Tandis que Beth regarde l’homme qu’elle aime debout dans le box des accusés, jugé pour meurtre, elle ne peut s’empêcher de penser qu’ils avaient raison…
Elle avait 17 ans lorsqu’elle a rencontré Gabriel. Au cours d’un été intense, il lui a fait entrevoir une vie exaltante, faite de littérature, d’amour et de mots d’esprit. Et pour elle, cette histoire d’amour durerait toujours. Hélas, à la fin de l’été, Gabriel est parti pour Oxford et c’est Frank qui a soigné son cœur brisé. Ensemble, ils se sont construit une vie à la ferme. Une vie différente de celle qu’elle avait imaginée avec Gabriel, mais qu’elle adore. Ils étaient heureux. Jusqu’au jour où Gabriel est réapparu, faisant voler en éclats les certitudes de Beth…
Ce que j’en dis…
Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, il est évident à la lecture du résumé que le roman de Clare Leslie Hall est une romance et c’est effectivement le cas.
Mais pourtant, dès les premières pages le ton me séduit. Il a quelque chose d’un peu suranné qui me fait penser (bien que je l’aie lu il y a des décennies) au Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.
Par ailleurs l’écriture est rythmée comme celle d’un thriller et la mécanique de page turner qui me semble assez rare dans les romances (ceci est un préjugé, nous sommes entièrement d’accord) fonctionne vraiment bien.
Ajoutons que les personnages sont très bien travaillés, agréablement identifiables mais pas au point de ne plus pouvoir surprendre.
Mais surtout il y a ce sentiment grandissant au fil de la lecture que le résumé de la quatrième de couverture, habilement imaginé par l’éditeur, est à la fois honnête et construit de telle façon qu’il ne nous mène pas tout à fait dans la bonne direction. Et effectivement, le récit apporte des révélations, des surprises inattendues qui malmènent (gentiment) le lecteur et l’obligent à continuer sa lecture avec une certaine soif de comprendre et d’arriver au dénouement.
Lequel dénouement est tout à fait appréciable et touchant.
Je referme Terre brisée conquis, admire encore une fois l’énorme chêne touffu de l’illustration de couverture, repense à ce récit que je viens d’achever et me promets de continuer à ne pas refuser de lire de la romance. C’est un genre qui réserve de belles surprises et il me semble que Charleston sait les repérer avec talent.
L’autrice

Clare Leslie Hall est journaliste et romancière. Elle vit avec son mari et leurs trois enfants dans le Dorset, dans une vieille ferme entourée de champs, qui a inspiré le décor de Terre brisée. Véritable phénomène d’édition, le roman est en cours de traduction dans 25 pays et sera adapté au cinéma prochainement.
Terre brisée, de Clare Leslie Hall, est publié par les éditions Charleston.
Traduit de l’anglais par Virginie Buhl.
Le livre broché de 420 pages est vendu 22,90€.
Parution prévue le 6 mars 2025.
