Parce qu’elles possèdent une ligne éditoriale très large, voire hétéroclite, les Éditions M+ dont j’ai le plaisir d’être partenaire (partenariat non rémunéré, je précise) me donnent à lire des ouvrages très différents les uns des autres. Ainsi, après Les larmes d’Isabela de Gérard Coquet qui était plutôt un thriller historico-politique, me voici à lire la romance musicologique d’une primo romancière : Les Arabesques de Florence Cortot. Un seul point commun : l’éditeur.

Le résumé
Charles, architecte, et Garance, journaliste musicale, semblent incarner le bonheur bourgeois autour de leurs deux jeunes enfants. Garance est écartelée entre sa vie professionnelle passionnante et la lassitude d’un quotidien qui l’étouffe.
Aurélien, violoncelliste bousculé par la vie, apprend, lui, à survivre entre les fausses notes de ses élèves et celles de ses rêves déçus.
Entre ces deux passionnés, la musique trace une arabesque fragile – celle du désir derrière le masque des apparences et celle de la quête de vérité pour ceux qui tentent de s’accorder au monde sans jamais cesser de vibrer.
Roman de la dissonance amoureuse, des renoncements et du vertige d’exister, Les Arabesques explore, avec une écriture vibrante et sensuelle, les lignes courbes de l’intime : ce que l’on montre, ce que l’on tait, et ce que la musique permet de sublimer.
Ce que j’en dis…
Les Arabesques est un premier roman de qualité qui fait la part belle à la musique classique en général et à Claude Debussy en particulier, ce compositeur qui constitue la passion commune de Garance et Aurélien, deux amoureux de musique qui vont aussi devenir amoureux l’un de l’autre au fil du roman.
C’est cette trame musicale qui donne tout son charme à ce roman qui n’aurait pu être qu’une banale romance n’eut été cette particularité.
Pour ma part j’ai toujours beaucoup de mal avec les histoires d’infidélité conjugale. C’était déjà ce que je reprochais il y a quelques mois en arrière à Jacobo Bergareche pour Les Jours parfaits (Actes Sud, 2024). J’exprime un point de vue sans doute à contretemps de notre époque qui se veut portée par un vent de liberté, et avec laquelle peu de gens sans doute tomberont d’accord mais tant pis, j’ai appris à ne pas rougir d’avoir un point de vue différent depuis belle lurette (et aussi à employer avec volupté les expressions les plus surannées).
Charles est donc le méchant mari et Aurélien le jeune premier irréprochable. Garance, l’épouse déçue. Plutôt que de chercher à réparer son couple, à ranimer la flamme d’un amour qui exista en premier lieu, elle rêve d’un autre plus sensible, plus à l’écoute, plus à même de l’aimer pour ce qu’elle est, une femme qui mérite mieux.
Cette pensée est véhiculée avec tellement d’aisance (et pas seulement dans Les Arabesques, entendons-nous bien) qu’elle semblerait presque de bon sens. Mais si l’infidélité conjugale était un vecteur de bonheur je crois qu’on l’aurait déjà tous remarqué. Si vous hésitez sur la question, posez-la donc à des conjoints innocents et trompés ils ont un avis probablement intéressant. (Les enfants du divorce ont pas mal réfléchi sur le thème eux aussi.)
Bref, même si dans la forme Florence Cortot donne à lire un premier roman tout à fait digne d’éloges et prometteur, je n’ai malheureusement pas du tout été séduit par l’idée générale, il me semble que c’est assez évident pour que je n’aie pas besoin d’en rajouter. Mais si son prochain roman traite d’un autre sujet je ne manquerai pas de le lire.
L’autrice

Lilloise, médecin anesthésiste et mère de trois enfants, Florence Cortot partage sa vie entre le bloc opératoire, l’écriture et le spectacle.
Elle jongle entre lecture, chant et composition.
Auteure et interprète de deux spectacles d’humour, le partage est une composante essentielle de cette amoureuse de la vie.
Les Arabesques est son premier roman chez M+ Éditions.
En bref
Les Arabesques, de Florence Cortot, est publié par les Éditions M+.
Le livre broché de 290 pages est vendu 19,90 €.
Date de parution : 23 avril 2026.
