Ce midi, à table avec un groupe d’amis, alors qu’on me demande pourquoi je ne publie plus beaucoup sur le site en ce moment (nous sommes le 6 juillet), j’explique à Stéphanie qui vient de me poser la question qu’en qualité de membre du jury pour le Prix du Roman Fnac 2026, j’ai lu six livre mais que je ne peux pas encore en publier les chroniques puisqu’ils vont sortir seulement pour la rentrée, fin août, début septembre.
J’avoue, je fais un peu mon intéressant. Intéressée, donc, Stéphanie me demande s’il y a un des livres que j’ai lus que je verrais bien recevoir le prix en question. Immédiatement je pense à Eugénie sous les bombes, d’Anne Percin.

Le résumé
Eugénie sous les bombes raconte les destins de deux gamins de la campagne vosgienne, à l’orée du 20e siècle. Les parents de Charles sont domestiques. Il va devenir instituteur. À quatorze ans, Eugénie est engagée comme bonne. Ils vont se rencontrer tardivement. Tous deux sont pris entre leurs désirs d’ascension sociale et la puissance de leur attachement à la terre, entre leur foi en l’innovation et leur spiritualité déroutante.
Quand la guerre éclate, la santé d’Eugénie s’altère gravement. Le couple s’embarque alors dans une folle entreprise pour sauver Eugénie. En mars 1918, sous les bombardements des Gothas, Charles se lance à Paris comme Orphée aux Enfers…
Un siècle plus tard, Anne Percin hérite des quelques pages rédigées par son arrière-grand-père Charles, peu après la mort d’Eugénie. Elle n’a jamais entendu parler d’eux. Fascinée par ce qu’elle découvre, elle ouvre l’enquête.
Ce que j’en dis…
J’ai découvert Anne Percin récemment, avec Les Loups de Babylone (La Manufacture de livres, 2024) et pour être tout à fait franc j’avais prévu de lire Eugénie sous les bombes. Mais je n’avais pas imaginé qu’il viendrait directement dans ma boîte à lettres dans le cadre du Prix Fnac 2026.
On change complètement de registre (et d’éditeur) avec ce nouveau roman. Le précédent était un polar engagé, alors que le nouveau est davantage un roman historique. Mais ils ont en commun d’être tous les deux des chroniques sociales bien senties.
Les deux premières guerres mondiales ont fait couler beaucoup d’encre et j’ai lu plusieurs bons romans en lien avec la première que je ne listerai pas ici, ce n’est pas utile, mais ce que j’ai apprécié à la lecture d’Eugénie sous les bombes c’est que ce roman ne parle pas de la guerre mais d’une histoire qui se passe pendant la guerre. Avant et après aussi d’ailleurs, mais notamment pendant. Il montre brillamment comment les existences de tout le monde, civils et militaires, ont été irrémédiablement impactées par ce conflit. Dans la dernière partie de l’histoire notamment, on constate à quel point il est difficile de simplement trouver à se faire soigner à l’hôpital alors que cette institution déborde évidemment de victimes directes du conflit armé.
Brillante aussi l’évocation de cette histoire d’amour si particulière entre deux personnes qui ont une remarquable foi en dénominateur commun et dont l’autrice parle sans faire de prosélytisme. Elle dit les choses, ne commente pas, ce qui ne donne pas de place au jugement mais laisse tout le champ libre à l’émotion. Ainsi, le moment de leur rencontre, si particulier puisque scellant sans un mot une dévotion qui désormais sera commune, m’a beaucoup touché alors qu’au vu de mes propres convictions religieuses il aurait pu me déplaire singulièrement.
Par ailleurs, un ingrédient très appréciable dans ce roman c’est le making of intégré au livre. Comme le précise le résumé, Anne Percin a décidé d’écrire Eugénie sous les bombes suite à un héritage : celui d’un carnet de Charles qui raconte en quelques douze pages son histoire avec Eugénie. L’autrice explique comment et pourquoi ce carnet apparaissant dans sa vie comme une île déserte non répertoriée apparait au cours d’une navigation au long cours est devenu un roman.
Pour enfoncer le clou définitivement, sachez que ce roman m’a tellement ému que j’ai décidé dès le début de partager cette lecture avec ma chère épouse. Non pas que je lui aie prêté l’ouvrage mais que je le lui ai lu à voix haute. Oui, je sais, c’est terriblement romantique. Et si ça ne valide pas un roman je ne sais pas ce qu’il vous faut.
L’autrice

Anne Percin vit à Haguenau. Son parcours éditorial va de la poésie à la littérature jeunesse (où elle a rencontré quelque succès), au roman historique ou au roman noir. Elle ne revendique aucune rupture entre ses textes. Certains de ses romans ont été adaptés pour la télévision.
En bref
Eugénie sous les bombes, d’Anne Percin, est publié aux éditions Buchet-Chastel.
Le livre broché de 300 pages est vendu 22.50 €.
Date de parution : 20 août 2026.

Je l’inscris sur ma liste !
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