L’Assassin de Pigalle, de Gabriel Katz

En lice pour le Prix FSN des lecteurs des bibliothèques (Festival sans nom), L’Assassin de Pigalle traite d’une période sombre de l’Histoire : la fin de la deuxième guerre mondiale.

Pour savoir s’il est lauréat il faudra attendre la remise du prix à l’ouverture du FSN qui aura lieu ce week-end à Mulhouse.

Couverture du livre 'L'assassin de Pigalle' de Gabriel Katz, montrant un homme en trench-coat devant une grande bannière avec une croix gammée dans une ruelle brumeuse.

Le résumé

Paris, 1945. Alors que la guerre vient tout juste de se terminer, un cadavre est découvert dans un hôtel borgne de Pigalle. L’assassin, arrêté sur les lieux, est un vagabond, dont la dernière adresse était le camp d’Auschwitz.

L’homme qu’il a tué d’une balle dans la tête était un antiquaire véreux, un petit escroc sans envergure qui aurait été membre de « la Carlingue », la Gestapo française. C’est en tout cas ce que son assassin affirme. Mais rien ne le prouve, si ce n’est sa parole…

L’affaire est confiée à Max Weber, un flic désabusé que sa hiérarchie pousse à classer l’affaire. Personne n’a envie que ce fait-divers ravive les blessures de la guerre. Personne sauf Weber, que cette cause perdue sort de sa torpeur. Et ce qu’il va découvrir est au-delà de l’imaginable…

Ce que j’en dis…

Je viens de chroniquer un bouquin dont l’action se passe pendant l’occupation américaine au Japon (Tokyo revisitée, Payot et Rivages, 2026) et j’enchaîne avec L’Assassin de Pigalle dont l’histoire se situe dans la France de 1945, occupée par l’Allemagne. Deux salles, deux ambiances.

Dans ce récit à deux voix, Gabriel Katz nous donne l’occasion de découvrir la Carlingue, la Gestapo française de la rue Lauriston, (encore une institution dont la France n’a pas vraiment à être fière et dont pour ma part je n’avais jamais entendu parler). (J’en ai appris plus sur l’Histoire en lisant des romans qu’en usant mes fonds de pantalons sur les bancs de l’école publique. Bref, revenons au bouquin.)

Deux voix donc : le récit qui nous raconte l’enquête de Max Weber, ancien combattant catapulté policier sans avoir toutes les bases nécessaires à l’exercice de sa profession, et le témoignage d’Antoine Moray, antiquaire des puces de Clignancourt et membre de la Carlingue, engagé dans le trafic et la revente aux Allemands d’œuvres d’art saisies aux Juifs déportés.

Les deux personnages sont diablement intéressants, chacun avec des enjeux moraux (si l’on peut dire) qui lui sont propres et dévoilant deux phases de l’histoire : présente dans le cadre de l’enquête, passée pour ce qui est des confessions du gestapiste. Cette double temporalité ne fait qu’augmenter le suspens de ce thriller historique qui se lit donc plutôt vite.

Le final est assez bien trouvé. Même si j’avais été un peu spoilé par les discussions du jury j’ai apprécié le plot twist de fin.

Ma voix ne comptera pas pour le vote puisque je ne faisais pas partie du jury (et que je n’ai influencé personne) mais L’Assassin de Pigalle fait partie de mes romans préférés de la sélection.

L’auteur

Portrait en noir et blanc d'un homme aux bras croisés, portant un polo noir.

Gabriel Katz vit dans le sud de la France. Il est l’auteur du roman Les Papillons noirs, adapté pour Netflix. Il a reçu le prix Imaginales pour Le Puits des mémoires et le prix du roman d’aventure pour Dehors tu vas avoir si froid. L’Assassin de Pigalle lève le voile sur l’histoire trouble de la Gestapo française et de l’Occupation.

En bref

L’Assassin de Pigalle, de Gabriel Katz, est publié par les éditions City.

Le livre broché de 320 pages est vendu 21,50 €.

Date de parution : 1 avril 2026

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