Le 14 octobre 2026, un jury très spécial composé d’anciens membres du Renseignement français a décerné à Philippe Chapuis le quatrième Prix du Roman d’espionnage de l’amicale des anciens des services spéciaux pour son roman Le Réseau Vogelmann.

Le résumé
Christine Vergne est appréciée à l’Élysée. Elle a la confiance du Président, mais elle déplaît aux Américains. Fut-elle un des agents du réseau dirigé par Werner Vogelmann, qui opérait en France au profit de la Stasi est-allemande à la fin des années 1980 ? Et est-elle, de ce fait, « tenue » par Moscou comme s’en inquiète Jacques Galéni, le patron du renseignement intérieur ?
La réponse se trouve dans les dossiers qu’a laissés Vogelmann avant d’être renversé par une voiture. Un seul homme, Paul Dugay, qui fut très proche de l’espion allemand, semble en mesure de les retrouver. Il va y être obligé car la vie de sa femme en dépend. Dans les rues de Paris et de Berlin, une course contre la montre s’engage, sur fond de rivalité entre les hommes de la CIA et ceux des services de la Fédération de Russie.
Le prix du roman d’espionnage
Depuis 2023, chaque année les éditions Konfident et l’Amicale des anciens des services spéciaux (AASSDN) récompensent un manuscrit parmi tous ceux qui leur sont adressés. Le livre parait le jour de l’attribution du prix.
Les années précédentes, ce prix a été remis à :
- Pierre Olivier pour Lorsque tous trahiront (2023)
- Pierre Pouchairet pour Captagonia (2024)
- Gilbert Gallerne pour Nos chers Alliés (2025)
- et donc Philippe Chapuis pour Le Réseau Vogelmann (2026)
Ce que j’en dis…
J’ai eu le privilège de lire trois de ces quatre romans récompensés et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont tous très différents mais aussi excellents les uns que les autres. Il faut bien reconnaître que c’est le genre de jury qu’on ne trompe pas.
L’histoire est principalement axée sur l’ex-RDA (ou DDR dans la langue de Goethe) d’où est issue l’épouse de Paul Dugay et où il a lui-même effectué un séjour au cours duquel il a été approché par Werner Vogelmann, devenant un des membres de son réseau. Cela s’est passé à la fin des années 80, juste avant la chute du mur de Berlin et ça pourrait être de l’histoire ancienne si elle ne ressurgissait pas brutalement dans le présent du couple, à Paris en 2010.
Dugay qui a pourtant raccroché les gants depuis deux décennies va devoir obéir aux ravisseurs de son épouse et leur fournir de précieux documents que Vogelmann lui a remis juste avant de mourir accidentellement. Seulement voilà, Paul Dugay n’a aucun souvenir d’avoir reçu quelques documents que ce soient de la part de son mentor. Mais il va pourtant devoir les trouver.
La tension est suffocante du début à la fin de ce roman noir, très noir, étouffant de réalisme.
La narration fait intervenir passé et présent dans une succession de couches temporelles pleines de mensonge, de manipulation et de trahison, créant une sorte d’angoissant millefeuille paranoïde absolument délicieux par ailleurs.
On suit Paul Dugay, on se pose des questions, on s’inquiète, on soupçonne, on sursaute et on est content d’arriver au terme du roman, de voir la lumière au bout du tunnel.
Je suis épaté par la construction de ce premier roman. J’imaginais Philippe Chapuis debout dans une pièce close consultant un brain maping tissé de fils rouge cloués au mur de sa cachette avant d’aller s’asseoir devant son ordinateur pour continuer son oeuvre d’écriture.
Ajoutons le plaisir procuré par quelques saillies intellectuelles qu’on qualifierait aujourd’hui de punchlines dont celle-ci qui m’a bien plu, page 403 : « Jadis, la politique nécessitait des orateurs ; avec l’avènement des médias de masse, elle imposait des comédiens plus ou moins talentueux. » Je vous laisse apprécier…
L’auteur

Philippe Chapuis est réalisateur et scénariste pour le cinéma. Avec Le Réseau Vogelmann, il signe un roman d’espionnage dans la lignée des livres de John Le Carré ou de Henry Porter, primé par un jury comprenant notamment trois anciens patrons de la DGSE et de la DST et le directeur de l’Académie du renseignement.
En bref
Le Réseau Vogelmann, de Philippe Chapuis, est publié par les éditions Konfident.
Le livre broché de 504 pages est vendu 24,90 €.
Date de parution : 14 octobre 2026.
